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26/03/2014 12:58 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

L'Égypte ordonne deux procès collectifs pour 900 militants islamistes présumés

LE CAIRE, Égypte - Le procureur en chef de l'Égypte a ordonné mercredi la tenue de deux procès collectifs pour 919 militants islamistes présumés qui sont notamment accusés de meurtre, en dépit du tollé international soulevé par les condamnations à mort imposées à des centaines d'autres accusés lors d'un procès précédent.

Au moins un jeune de 18 ans a d'ailleurs perdu la vie, mercredi, quand des étudiants sont descendus dans les rues pour dénoncer ces condamnations, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre.

Les nouveaux procès se dérouleront dans la province de Minya, au sud du Caire, où un juge a condamné à mort lundi 529 personnes pour une attaque contre un commissariat de police qui s'était soldée par la mort d'un policier.

Ce verdict avait été dénoncé par des groupes de défense des droits de l'homme, l'ONU, l'Union européenne et les États-Unis. Le procès n'avait duré que le temps de deux audiences pendant lesquelles les avocats de la défense avaient été essentiellement muselés.

Les autorités égyptiennes ont organisé une série de procès collectifs pour tenter d'écraser les Frères musulmans et d'autres mouvements islamistes, depuis que l'armée a chassé du pouvoir le président Mohammed Morsi l'été dernier. Plus de 15 000 personnes ont été arrêtées, dont les principaux dirigeants des Frères musulmans.

Les nouveaux procès portent à 2147 le nombre de personnes mises en accusation à Minya. Tous les procès découlent des violences qui ont éclaté en août, quand la police est intervenue pour mettre fin à des manifestations favorables à M. Morsi. Plus de 600 personnes avaient alors été tuées.

Le leader des Frères musulmans, Mohammed Badie, sera traduit en procès en compagnie de 715 autres personnes accusées de six meurtres et de 51 tentatives de meurtre. M. Badie fera aussi partie du second procès, qui verra 204 personnes être accusées d'incitation à la violence.