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26/03/2014 10:45 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Le président Barack Obama lance un message passionné à l'intention des Européens

BRUXELLES - Qualifiant la situation «de moment-test» d'ampleur mondiale, le président américain Barack Obama a demandé aux Européens d'accorder la priorité aux idéaux de liberté et de dignité humaine gagnés sur les champs de bataille, affirmant que les gens véhiculant de telles valeurs triompheront, un jour, en Ukraine.

Faisant un rappel des grands conflits mondiaux du siècle dernier et d'au-delà, M. Obama a fait remarquer que les enfants qui voient le jour aujourd'hui naissent dans un monde plus dépourvu de conflits et offrant de plus grandes libertés qu'à toute époque de l'humanité — même si cette chance n'est pas appréciée à sa juste valeur. Il a aussi pressé les 28 nations membres de l'OTAN de respecter leur engagement à assurer la sécurité collective qui a mené à la prospérité durant les décennies qui ont suivi la Guerre froide.

Plus tôt mercredi, M. Obama et les leaders de l'Union européenne avaient fait front commun face à l'annexion de la Crimée par la Russie.

Ils ont aussi présenté l'adoption éventuelle d'une entente commerciale transatlantique comme un antidote à l'influence de la Russie dans la région, en réduisant la dépendance de l'Europe envers Moscou pour ses besoins énergétiques.

M. Obama a lancé que les leaders russes «ont nettement mal anticipé» la réaction de l'Occident, s'ils croyaient que leur agression allaient diviser l'Europe et les États-Unis.

M. Obama a pris la parole lors d'une conférence de presse, en marge du Conseil de l'Union européenne. Il avait précédemment pris le déjeuner avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso.

Leurs discussions ont été dominées par la crise ukrainienne, selon des participants au repas. M. Barroso a par la suite déclaré que les actions russes en Crimée «sont une honte au 21e siècle, et nous ne les reconnaîtrons pas».

M. Obama affirme que la coordination entre les États-Unis et l'Europe a été excellente, au chapitre des sanctions économiques, et a prévenu que «l'isolement de la Russie ne fera que s'accentuer» si elle ne change pas de trajectoire.

Les leaders se sont aussi déclarés confiants de conclure une ambitieuse entente commerciale transatlantique. M. Obama a mis en relief l'aspect ukrainien de cet accord, qui pourrait faire contrepoids à l'importance énergétique de la Russie en Europe.

Les relations entre les États-Unis et l'Europe ont été mises à mal par les révélations d'espionnage de la part de la National Security Agency américaine. Le sujet a été soulevé lors de la rencontre, et M. Van Rompuy a demandé «un traitement égal des citoyens européens et américains», qui jouissent d'une protection accrue de leur vie privée.

Plus tôt pendant la journée, le président Obama avait visité le cimetière militaire américain de Flanders, dans le nord-ouest de la Belgique, à l'occasion des cérémonies qui entourent le centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale.

Les leaders belges n'ont pas spécifiquement mentionné le président russe Vladimir Poutine, mais ils ont clairement fait référence à son annexion audacieuse de la Belgique quand ils ont évoqué les leçons du conflit mondial.

«Nos pays ont appris à la dure que la souveraineté nationale atteint rapidement ses limites» quand elle rencontre des adversaires armés qui ne la respectent pas, a dit le roi Philippe.

«Nous devons continuer à tirer des leçons de cette guerre terrible qui a débuté il y a 100 ans, a lancé le premier ministre belge Elio Di Rupo. Et, plus que tout, nous devons éviter de nouveaux conflits. Ceux qui ne tiennent pas compte du passé risquent de le revivre.»

M. Obama doit également rencontrer, mercredi, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

La veille, il avait qualifié la Russie de «puissance régionale» qui menaçait ses voisins «non pas par force, mais par faiblesse». Il a dit qu'en tant que président, il s'inquiète davantage d'un engin nucléaire à Manhattan que de la Russie.