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26/03/2014 12:07 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Le gaz russe au coeur de la crise ukrainienne

La crise ukrainienne montre que les 28 pays de l'Union européenne doivent « diversifier » leurs sources d'énergie pour se libérer de leur dépendance au gaz russe, mais les États-Unis ont besoin d'un accord de libre-échange pour faire partie de la solution, a affirmé mercredi Barack Obama.

Le président américain a tenu ces propos au terme d'une rencontre d'un peu plus d'une heure à Bruxelles avec les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, Herman Von Rompuy et Jose Manuel Barroso. La crise ukrainienne et la sécurité énergétique étaient au cœur des discussions.

À l'heure actuelle, 40 % du gaz naturel consommé sur le Vieux-Continent provient de gaz russe transitant par l'Ukraine, une situation qui conditionne la réponse européenne à l'annexion de la Crimée à la Russie.

MM. Von Rompuy et Barroso entendaient donc profiter de leur rencontre avec le président Obama pour lui demander de faciliter l'exportation de gaz naturel liquéfié américain vers l'Europe. Ces exportations font actuellement l'objet de restrictions.

Mais, selon le président américain, les États-Unis et l'Union européenne doivent d'abord conclure un accord de libre-échange. Un tel projet, baptisé Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, est en cours, mais il se heurte à de multiples obstacles.

« Une fois que nous aurons un accord commercial en place, les licences d'exportation pour les projets relatifs au gaz naturel liquéfié à destination de l'Europe seraient fortement facilitées, ce qui est manifestement pertinent dans l'environnement géopolitique que nous connaissons aujourd'hui », a-t-il commenté en conférence de presse.

Barack Obama a convenu qu'une telle évolution ne peut cependant survenir du jour au lendemain.

Les États-Unis et l'Union européenne envisagent par ailleurs la possibilité d'imposer des sanctions visant le secteur énergétique russe « si la Russie va de l'avant et s'engage dans de nouvelles incursions en Ukraine », a dit le président Obama. « Je pense que l'énergie est un élément central de nos efforts et nous devons l'envisager très fortement ».

Obama à l'OTAN

Le président américain rencontrera plus tard aujourd'hui le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, pour discuter de la crise en Ukraine.

Il a déclaré mercredi qu'il était « préoccupé » par la baisse des dépenses de défense de certains pays, alors que « la situation en Ukraine nous rappelle que la liberté à un prix ».

« Nous devons avoir la volonté de payer pour la sécurité commune afin d'être en mesure d'avoir une force de dissuasion », a-t-il déclaré.

Selon les statistiques de l'OTAN, les États-Unis assumaient 73 % des dépenses de défense de l'OTAN l'an dernier, comparativement à 68 % en 2007.

Barack Obama a aussi déclaré que l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN n'est pas à l'ordre du jour. Les pays membres de l'alliance militaire transatlantique ont déjà considéré ce projet en 2008, ce qui n'avait pas manqué d'irriter la Russie.

L'idée a été abandonnée après que Viktor Ianoukovitch a été élu en 2010.

L'Ukraine coopère néanmoins depuis 1997 avec l'OTAN, à la suite d'un accord de partenariat.

L'Europe et les États-Unis « solidaires »

Il doit aussi prononcer un discours sur les relations transatlantiques à Bruxelles.

M. Obama a quelque peu abordé ce thème dans sa conférence de presse suivant sa rencontre avec MM. Von Rompuy et Barroso. Il a affirmé que le monde « est plus sûr et plus juste quand l'Europe et les États-Unis sont solidaires ».

Il a affirmé que « les États-Unis et l'Europe sont unis » dans le cadre de la crise ukrainienne, contrairement à la Russie, qui est « seule », selon lui. Moscou, a-t-il ajouté, a fait un mauvais « calcul » en pensant enfoncer un « coin » entre les États-Unis et l'Union européenne.

Herman Van Rompuy a quant à lui affirmé que « l'annexion illégale de la Crimée » par la Russie était une « une honte ». Il a assuré que les membres de l'Union européenne « ne la reconnaîtront pas ».

Les Américains et les Européens ont adopté une série de sanctions contre certains hauts dirigeants russes dans la foulée de l'annexion de la Crimée à la Russie. Elles n'ont cependant infléchi en rien la situation sur le terrain.