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26/03/2014 07:28 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Irak: le Premier ministre met en garde contre un retard des élections

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a mis en garde mercredi contre un retard des élections du 30 avril et plaidé pour un amendement de la loi électorale pour régler la crise née de la démission de la commission électorale.

Les neuf membres de la Haute commission électorale irakienne indépendante (IHEC), chargée d'organiser les élections, ont démissionné mardi pour protester contre des ingérences politiques et judiciaires.

Selon une source diplomatique, il est peu probable que le Parlement accepte la démission des membres de la commission électorale, mais M. Maliki a d'ores et déjà prévenu que leur démission pourrait retarder les élections, dans son intervention télévisée hebdomadaire.

"Si la IHEC continue dans cette voie, cela signifie (...) que l'élection sera retardée. Nous entrerons alors dans un tunnel dont nous pourrions ne pas sortir", a-t-il averti.

M. Maliki a appelé la commission à retirer sa démission et exhorté le Parlement à voter un amendement à la loi électorale "aussi vite que possible".

Après la démission surprise de la IHEC, le président de la commission Sarbat Rachid a déclaré qu'une révision de la loi électorale pourrait résoudre la crise.

"S'il y a le moindre problème, il faut le résoudre par la législation", a déclaré M. Rachid à l'AFP, après des entretiens avec des diplomates des missions de l'ONU, de l'Union européenne et des Etats-Unis, ainsi qu'avec le président du Parlement Oussama al-Noujaifi.

La commission électorale est particulièrement irritée par une clause de cette loi qui stipule que les candidats doivent avoir "bonne réputation".

S'appuyant sur cette clause, un comité de juges a invalidé plusieurs candidatures, dont celles des opposants à M. Maliki comme l'ancien ministre des Finances Rafa al-Essawi, sans qu'une procédure d'appel ne soit possible.

Mais, interprétant différemment cette clause, le Parlement a lui donné pour consigne à la commission de n'exclure que les candidats n'ayant pas un casier judiciaire vierge.

Selon une source diplomatique, il est peu probable que le Parlement accepte la démission des membres de la commission électorale, "parce que le calendrier des élections est très important".

"Le problème de l'IHEC, c'est qu'il est pris en tenailles entre le comité des juges et le Parlement, et qu'il essaie de s'en sortir", a indiqué cette source.

Le diplomate a estimé cependant que les démissions avaient peu de chances d'être acceptées par le Parlement, et que les élections devraient se tenir à la date prévue.

M. Maliki, un chiite fortement contesté par la minorité sunnite et accusé par ses détracteurs d'accaparer le pouvoir, brigue un troisième mandat dans un pays miné par les violences qui ont fait plus de 2.100 morts depuis le début de l'année, selon un décompte réalisé par l'AFP à partir de sources médicales et policières.

En outre, des insurgés contrôlent toujours la ville de Fallouja, à 60 km à l'ouest de Bagdad, malgré les tentatives de l'armée de la rependre.

Les violences sont alimentées par le conflit en Syrie voisine et par le mécontentement de la minorité sunnite qui s'estime discriminée par les forces de sécurité et les autorités, dominées par les chiites.

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