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26/03/2014 04:38 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Égypte : Al-Sissi candidat à la présidentielle

Sans surprise, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, l'homme fort de l'Égypte, a officialisé mercredi sa candidature à la présidentielle, prévue ce printemps. Il a auparavant présenté sa démission en tant que ministre de la Défense, de vice-premier ministre et de chef de l'armée. 

Dans une allocution télévisée, Abdel Fattah Al-Sissi s'est dit engagé à « débarrasser l'Égypte du terrorisme », tout en évoquant une « mission très difficile ».

La date du scrutin n'a pas encore été arrêtée, mais il devrait avoir lieu avant la fin juin, comme le prévoit la Constitution.

Le maréchal démissionnaire est derrière le coup d'État contre le président islamiste, Mohamed Morsi, en juillet 2013, après la grandiose marche de millions d'Égyptiens qui étaient descendus dans les rues pour réclamer son départ. Depuis cette manifestation, Al-Sissi, qui a eu le feu vert de l'armée pour se porter candidat, voit ses portraits s'étaler partout.

Les intentions du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi de conquérir le palais présidentiel n'étaient pas un secret. Sa victoire à la présidentielle ne fait pas de doute non plus dans les milieux politiques et médiatiques égyptiens.

Le président russe, Vladimir Poutine, le félicitait officiellement en février pour sa candidature. Un geste auquel Washington a vite réagi en indiquant qu'il n'était pas du ressort de Vladimir Poutine de choisir le futur président en Égypte.

Réaction des Frères musulmans

Les Frères musulmans, ciblés par la répression des autorités, n'ont pas tardé à réagir. Dans une déclaration à l'AFP, Ibrahim Mounir, membre du bureau politique de la confrérie, a affirmé qu'il n'y aura pas « de stabilité ou de sécurité sous une présidence Sissi ».

Depuis la destitution du président Morsi, l'Égypte est engagée dans une véritable spirale de violence. Les manifestations sont réprimées et les attentats contre les forces de l'ordre se multiplient dans plusieurs régions du pays.

La semaine dernière, un tribunal égyptien a condamné à mort 529 partisans des Frères musulmans pour divers chefs d'accusation, dont le meurtre d'un policier. 

Le secrétaire d'État américain John Kerry en tournée au Proche-Orient s'est également élevé contre ces condamnations. « J'exhorte le gouvernement intérimaire égyptien à revenir sur ce verdict à garantir un procès équitable aux accusés. Toute autre décision déshonorerait ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour les valeurs démocratiques », a-t-il estimé.

Mercredi, le procureur en chef de l'Égypte a ordonné la tenue de deux procès collectifs pour 919 militants islamistes présumés qui sont notamment accusés de meurtre.