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26/03/2014 02:20 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Financement du PLQ : Couillard s'en remet aux enquêtes policières

Le chef du Parti libéral du Québec affirme qu'il fait confiance aux enquêtes policières en cours sur une activité de financement qui a rapporté 428 000 $ et qui ne figure nulle part dans les rapports annuels du PLQ, entre 2004 et 2012.

En point de presse pour présenter ses priorités pour Montréal, Philippe Couillard a indiqué qu'il avait demandé de nouvelles vérifications internes, après que le Parti québécois eut déposé une plainte au Directeur général des élections (DGE) concernant cette activité, dont l'existence a été révélée dans des documents découlant d'une enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Aucune trace de l'activité ou de la somme n'a toutefois été trouvée dans les rapports du PLQ, a répété M. Couillard.

Le chef libéral a promis de rembourser les sommes en cause, si jamais l'enquête concluait à du financement illégal, et que les personnes responsables, s'il y a lieu, en subiraient les conséquences.

« Mon projet pour le Québec n'est pas le lançage de boue, a déclaré M. Couillard. Je ne veux pas salir pour me faire élire. »

Selon le candidat libéral dans Saint-Laurent, Jean-Marc Fournier, le PLQ veut aller au fond des choses, mais n'a pas les moyens dont dispose l'UPAC pour le faire. « Les questions ont été posées, et en ce moment les moyens d'enquête dont disposent les policiers sont vraiment les moyens qui vont permettre d'aller au fond des choses. Les moyens que nous avons ne le permettent pas », a déclaré M. Fournier lors d'un point de presse impromptu.

Martelé de questions à ce sujet, Philippe Couillard a refusé de porter un jugement sur les actions de son prédécesseur Jean Charest, lorsqu'il était à la tête du gouvernement. Il a tout de même rappelé que les libéraux avaient notamment mis en place l'UPAC et la commission Charbonneau, même si cette dernière a fait suite à plusieurs mois de pressions politiques et populaires.

M. Couillard a qualifié le candidat péquiste Pierre Duchesne, qui a annoncé la plainte au DGE en point de presse mardi, de « soldat du salissage ». Le chef libéral a souligné que le PQ avait lui-même reçu la visite de l'UPAC. Le Parti québécois affirme que ces rencontres étaient informelles, même si des sources ont souligné à Radio-Canada que l'UPAC n'effectue pas de visites informelles.

Philippe Couillard a déploré la « fausse attitude de virginité offensée » du PQ, laissant aux policiers le soin de préciser la différence entre les interventions de l'UPAC, s'il y a lieu. Comme Jean Charest l'avait fait lors de la campagne de 2012, M. Couillard a rappelé le rapport Moisan, publié en 2006, qui concluait que la firme Groupaction dirigée alors par Jean Brault, un acteur du scandale des commandites, avait fait des contributions illégales au PQ par l'intermédiaire d'un système de prête-noms.

M. Couillard a rappelé qu'il était chef du Parti libéral depuis mars 2013 et que le PLQ vivait un « profond renouveau ». Il a souligné que le financement se fait « dans les circonscriptions » et qu'avec les nouvelles règles limitant les dons individuels à 100 $, « on n'a plus besoin de personne pour organiser des activités de financement ».

Le chef libéral a évalué les objectifs de financement actuels dans les circonscriptions à environ 18 000 $. Il les a qualifiés de « modestes ».

M. Couillard s'est montré agacé par une question évoquant le maintien dans son équipe de plusieurs anciens ministres et députés de l'ère de Jean Charest. Mentionnant les candidatures de personnalités économiques comme Carlos Leitao, Jacques Daoust et Martin Coiteux, de même que celle d'Hélène David, entre autres exemples, le chef libéral a soutenu que son équipe avait, au contraire, un « niveau de renouveau à très haut niveau de compétence ».