NOUVELLES
26/03/2014 01:27 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Couillard ouvert aux idées du « nouveau shérif en ville »

Le maire de Montréal a trouvé une oreille attentive, à défaut d'un engagement précis, à sa demande de statut particulier pour la métropole auprès du chef du Parti libéral du Québec, lors d'une rencontre à l'hôtel de ville, mercredi.

Lors d'un point de presse conjoint, le maire Denis Coderre a fait savoir que peu importe qui sera son futur interlocuteur, et peu importe les gestes posés par les gouvernements passés, les choses vont changer. « Ce que je dis, c'est que si vous voulez que ça marche avec le maire de Montréal, c'est de même que ça va marcher. Ce n'est pas compliqué : There's a new sheriff in town [il y a un nouveau shérif en ville] », a-t-il lancé.

Denis Coderre a rappelé sa sortie conjointe avec le maire de Québec, Régis Labeaume, y voyant le signe d'un « renouveau municipal ». « On n'est pas une créature des provinces. On est là vraiment comme contrepoids et [...] on a avant tout à cœur les besoins des citoyens », a résumé le maire de Montréal. Un statut de métropole donnerait à Montréal davantage de pouvoirs en matière de transport et d'affaires sociales, notamment.

Philippe Couillard a évoqué la nécessité d'un « virage majeur » dans les relations entre le gouvernement du Québec et les municipalités. « J'ai endossé le livre blanc de l'UMQ, a rappelé le chef libéral. J'endosse également la nécessité pour Montréal et Québec d'avoir les outils législatifs et les responsabilités pour mener à bien leurs responsabilités spécifiques. »

Sans donner de détails, le chef libéral a jugé qu'il serait intéressant pour Montréal d'avoir le pouvoir de prendre des décisions sans demander de permission à Québec. « On aura une conversation précise avec M. Coderre sur une nouvelle loi », a promis le chef libéral, citant en exemple la Ville de Toronto.

« À Toronto, il y a une relation qui est beaucoup plus adulte entre le gouvernement provincial de l'Ontario et la Ville de Toronto. C'est la même relation qu'on veut bâtir à Montréal, de disposer des outils de prise de décision dans les enjeux qui la concernent principalement, d'en rendre compte », a expliqué M. Couillard.

Le maire Coderre a énuméré une série de sujets discutés, dont la gouvernance, le développement social et économique et la nécessité de mieux communiquer lorsque des décisions importantes comme la fermeture de voies d'accès à l'échangeur Turcot sont prises. Le chef libéral juge lui aussi qu'il n'est « pas acceptable » que Montréal soit informée après-coup de telles décisions.

M. Coderre a demandé à M. Couillard que soient réintroduits des projets de loi morts au feuilleton qu'il considère importants pour Montréal, comme ceux sur l'inspecteur général, les régimes de retraite et le recouvrement de sommes payées injustement par des organismes publics pour certains contrats dans l'industrie de la construction.

Le maire de Montréal a de nouveau dénoncé le projet péquiste de charte des valeurs, affirmant qu'il entraînerait une discrimination institutionnalisée. « Ce n'est pas au gouvernement du Québec de choisir mes employés », a-t-il lancé.

Couillard présente ses priorités pour Montréal

Le Parti libéral appuie plusieurs projets pour Montréal et promet de contribuer à les faire avancer :

  • Le recouvrement partiel de l'autoroute Ville-Marie, que Philippe Couillard inscrit dans le projet du nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et de son centre de recherche;
  • Le prolongement du métro dans l'est de Montréal et le projet de train dans l'Ouest. M. Couillard a qualifié ce dernier projet d'« important », affirmant qu'il est sur « un pied d'égalité avec le métro ». Il a toutefois admis qu'il ne savait pas à quelle étape en est rendu son développement, et qu'il devrait prendre connaissance du dossier;
  • En matière de transport en commun, Philippe Couillard souhaite une planification beaucoup plus large et cohérente, au sein de la Communauté métropolitaine de Montréal. Le PLQ est d'accord pour offrir un tarif spécial d'électricité à la Société de transport de Montréal;
  • Le chef libéral s'oppose, tout comme le maire Coderre, à l'instauration d'un péage sur le futur pont Champlain. Il souhaite que des moyens de transport « de mitigation », comme une navette fluviale, soient mis en place pendant les travaux;
  • Le chef libéral a exprimé un intérêt pour l'idée de Denis Coderre d'établir une zone hors-taxes dans le port de Montréal.

« Montréal n'a pas à entrer en compétition avec le reste du Québec, a résumé M. Couillard. Il faut mettre fin à cette stérile opposition et à ce choix superficiel entre Montréal et les régions. »