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26/03/2014 11:45 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Chine: un célèbre dissident retrouve la liberté après 5 ans de prison

Le dissident chinois Tan Zuoren, qui avait critiqué la répression du mouvement démocratique de 1989 et enquêté sur des écoles rasées par le puissant séisme de 2008, a été libéré jeudi après cinq ans de prison, a annoncé son avocat.

"Il est sorti aujourd'hui. Il est en route vers chez lui" après avoir purgé l'intégralité de sa peine, a déclaré par téléphone à l'AFP Pu Zhiqiang, l'avocat de M. Tan.

Tan Zuoren avait été condamné en février 2010 à cinq ans de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat", en raison de ses critiques de la répression du mouvement démocratique de juin 1989.

Il avait été arrêté un an plus tôt alors qu'il enquêtait sur le sujet sensible des milliers d'enfants tués ou disparus --officiellement 5.335-- dans les quelque 7.000 écoles détruites lors du séisme de 2008 dans la province du Sichuan (sud-ouest).

Après le drame, des parents en deuil et en colère avaient réclamé la vérité, voulant comprendre pourquoi les bâtiments où leurs enfants se rendaient en cours avaient pu s'effondrer aussi facilement, alors que d'autres bâtiments officiels avaient résisté.

Certains avaient dénoncé la corruption des responsables locaux. Selon Amnesty International, l'arrestation de Tan était directement liée à son enquête sur la qualité de construction de ces écoles.

Le Sichuan, l'une des provinces les plus peuplées de Chine, avait été endeuillé en mai 2008 par un tremblement de terre dévastateur, de magnitude 8, qui avait fait 87.000 morts et disparus.

L'Union européenne avait demandé en vain la libération du dissident, en dénonçant son procès "entaché d'irrégularités de procédure". L'audience, tenue à Chengdu, capitale du Sichuan, n'avait duré que quelques minutes, selon l'avocat de Tan.

Célébrité internationale, l'artiste contestataire Ai Weiwei, très impliqué aussi dans l'enquête sur les écoles, avait été empêché de témoigner après avoir été arrêté et tabassé par la police, selon ses dires.

La France avait de son côté "déploré" la condamnation du militant écologiste, également écrivain, "pour des écrits publiés sur internet" sur la sanglante répression des manifestations en faveur de la démocratie en 1989.

"Le pays lui a volé cinq ans de sa vie", a estimé jeudi Pu Zhiqiang.

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