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26/03/2014 03:39 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Centrafrique: l'attaque des forces internationales par des groupes armés est "très grave" (ONU)

L'attaque de soldats des forces internationales en Centrafrique par des groupes armés est un acte "très grave", a estimé mercredi le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique, Babacar Gaye, après les violences de ces derniers jours.

"Des soldats des forces internationales, (la force africaine) Misca et (française) Sangaris, dont je salue ici l'action inlassable, ont fait l'objet d'attaque de la part de groupes armés. Ce qui est très grave pour des soldats mandatés par le Conseil de sécurité des Nations Unies", a déclaré M. Gaye lors d'une conférence de presse à Bangui.

La capitale centrafricaine a connu une nouvelle flambée de violences qui a fait près de 20 morts depuis ce week-end, au cours desquelles les soldats de la Misca ont essuyé des tirs de la part de miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka et ont riposté.

"Nous assistons à une détérioration grave de la situation sécuritaire et de la situation sociale dans ce pays", a-t-il ajouté.

"Les domiciles des autorités de la transition ont été attaqués et détruits, sans motif acceptable, parfois avec l'aide des populations voisines (...) Des communautés entières sont assiégées et n'ont d'autres possibilités que de chercher à se défendre. Des personnels du système des Nations unies ont vu leurs véhicules fouillés et ceux d'entre eux, sur des bases confessionnelles, menacés de mort", a énuméré le représentant de l'ONU.

"Je demande (de se resaisir) aux anti-balaka et à tous ceux qui agissent sous le couvert de ce nom (...) pour faire beaucoup d'exactions", a insisté M. Gaye.

Formées en réaction aux exactions contre la population perpétrées pendant des mois par les combattants essentiellement musulmans de la Séléka après leur prise du pouvoir en mars 2013, les milices anti-balaka s'en prennent depuis à la population musulmane, qui fuit massivement le pays.

"Ce pays va vers un naufrage dont il risque de ne pas se remettre si un sursaut national n'intervient pas. Il faut que la spirale de la violence s'arrête", a-t-il averti.

L'ancienne colonie française est livrée au chaos depuis un an et traverse une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés fuyant les violences.

cl/jmc