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26/03/2014 01:33 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Affaire des cellules STAP: de nouvelles révélations entachent encore les recherches

De nouvelles révélations dans l'affaire dite des cellules "STAP" ont encore aggravé mercredi les soupçons de fraude pesant sur ces recherches cellulaires conduites par une jeune scientifique japonaise.

Des analyses génétiques ont révélé que de prétendues cellules pluripotentes STAP créées à partir de cellules matures de souris de lignée génétique "129" étaient en fait des cellules de souris de lignées "1F" et "B6", provenant forcément de souris de ces deux types et non des "129".

Ces nouvelles informations, données aux médias par des responsables du laboratoire Riken où travaille la chercheuse impliquée, Haruko Obokata, contribuent à faire enfler les soupçons d'inexistence des cellules "STAP", qui ne seraient que pure invention.

Officiellement cependant, le Riken s'en tient pour le moment à un message prudent: "nous avons reçu les analyses génétiques sur les cellules STAP, mais ce ne sont encore que des données préliminaires et nous allons travailler pour obtenir des informations plus détaillées", a répondu l'institut à l'AFP.

Le scandale a débuté il y a quelques semaines quand un des coauteurs des travaux sur les STAP, Teruhiko Wakayama, a demandé que la publication des résultats des travaux soit annulée, évoquant la présence de données erronées dans la thèse récemment parue en deux articles successifs dans la prestigieuse revue britannique Nature.

M. Wakayama, aujourd'hui professeur de l'Université de Yamanashi, conteste les informations qui présentaient une façon simple de générer en laboratoire des cellules dites "pluripotentes" (capables d'évoluer de diverses façons) à partir de cellules matures ramenées à un état quasi-embryonnaire.

C'est ce même M. Wakayama qui avait fourni des souris de lignée "129" au laboratoire de Mme Obokata dans le but de vérifier que la création de cellules STAP était aussi possible avec cette espèce. Mais en retour, il aurait reçu des cellules sans aucun rapport de la part de M. Obokata.

Dans Nature, les chercheurs affirmaient pourtant avoir réveillé le caractère pluripotent de cellules de globules blancs de souris, via un processus relativement simple qui stimulerait des propriétés de défense de cellules soumises à un stress particulier.

La méthode consiste en un séjour de 25 minutes dans une solution contenant de l'acide citrique, suivi d'un passage de 5 minutes dans une centrifugeuse et d'une semaine d'immersion dans une solution de culture. Efficace, rapide et peu coûteux comparé à la création génétique de cellules pluripotentes induites (iPS), ce procédé, s'il était vrai, pourrait être révolutionnaire pour la médecine régénérative.

kap/jr