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25/03/2014 01:12 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Liban: une réfugiée syrienne tente de s'immoler par le feu

Une réfugiée syrienne a tenté de s'immoler par le feu mardi sous les yeux de ses quatre enfants devant un centre de l'ONU dans le nord du Liban, pour réclamer une aide alimentaire, selon des sources concordantes.

Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a confirmé ce drame en précisant que la femme âgée d'une cinquantaine d'années avait été hospitalisée et souffrait de graves brûlures.

Depuis le début de la guerre en Syrie il y a trois ans, près d'un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban et un grand nombre d'entre eux vivent dans la misère et dépendent de l'aide humanitaire pour survivre.

Mardi, alors que des centaines de réfugiés faisaient la queue pour recevoir de l'aide à un centre d'enregistrement du HCR à Tripoli, une femme vêtue de noir a commencé à crier, a raconté Abou Riad al-Amudi, un vendeur ambulant se trouvant près du centre.

"Elle a dit: 'Cela fait trois jours que je viens ici pour recevoir de l'aide pour moi et mes quatre enfants et à chaque fois, on me renvoie et on me promet de l'aide si je reviens le lendemain. Mais ces promesses sont vides'", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Puis, avec ses enfants debout à côté d'elle, elle a sorti de son sac une petite bouteille d'eau en plastique, en versant le contenu sur sa tête et ses habits. C'était du gazole. Elle a pris un briquet et s'est immolée", a-t-il ajouté, visiblement ému.

Aussitôt, plusieurs personnes ont enlevé leurs vestes pour couvrir la femme et l'ont aspergée d'eau. Les gardes de l'ONU ont ensuite éteint les flammes et l'ont emmenée à l'hôpital.

Le directeur de l'hôpital, Gabriel al-Sabeh, a affirmé à l'AFP que la femme souffrait de brûlures au visage et sur plusieurs parties du corps.

Sur son lit, d'une voix presque inaudible, la femme a déclaré à l'AFP: "Ma poitrine me fait mal, on n'a pas de quoi manger". Des bandages couvraient son visage.

Son époux, Khaled al-Daher, était sous le choc. "Nous recevons normalement une aide tous les mois mais cette fois-ci ils ont tardé à nous la faire pervenir", a-t-il dit.

Joelle Eid, porte-parole du HCR, a confirmé que la femme était dans un "état critique" et que l'organisation enquêtait sur les causes du drame.

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