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25/03/2014 12:04 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Jour 21: Intégrité: Couillard veut connaître tous les actifs de Claude Blanchet

QUÉBEC - Plus l'échéance du 7 avril approche et plus les enjeux se cristallisent autour des questions d'intégrité des chefs et du risque que les Québécois courent de devoir se prononcer sur leur avenir collectif par référendum.

Alors qu'un sondage rendu public mardi confirme son statut de meneur dans la course, le chef libéral Philippe Couillard est passé à l'attaque en jouant la carte de la transparence financière totale, s'engageant à divulguer sa déclaration de revenus 2012 et à révéler tous ses actifs, de même que ceux de son épouse, en demandant aussitôt à ses rivaux de faire de même. Difficile d'imaginer qu'il ne visait pas directement la chef péquiste Pauline Marois, et surtout son mari, l'entrepreneur prospère Claude Blanchet.

De passage à Trois-Rivières, M. Couillard a dit que son bilan financier personnel «détaillé et chiffré», et celui de son épouse Suzanne Pilote, seraient rendus publics avant la tenue du prochain débat télévisé des chefs jeudi soir. Selon lui, exiger des leaders politiques un tel niveau de transparence, incluant les fiducies, «est devenu essentiel».

«Je veux que les gens fassent état de la même transparence que moi, a-t-il dit. Je remarque le ton des remarques depuis quelques heures, comme si certains ou certaines se donnaient à eux-mêmes le titre du champion de la transparence et de l'intégrité. Franchement, ça suffit.»

Il paraît clair qu'il n'entend pas laisser ses adversaires l'attaquer sur les questions d'intégrité et d'éthique sans riposter.

Il s'attend donc à ce que Mme Marois, de même que le chef caquiste François Legault, tous deux indépendants de fortune, fassent de même, tout comme Françoise David, de Québec solidaire.

M. Legault et Mme David se sont montrés favorables à l'idée, mais la réponse de la chef péquiste n'a pas tardé: c'est non.

Alors qu'elle précisait ses engagements pour la famille, notamment quant aux places en garderie à créer pour compléter le réseau d'ici 2017, Mme Marois a jugé, en point de presse à Blainville, que M. Couillard cherchait à «faire diversion» avec sa demande.

Elle a rappelé qu'elle avait déjà remis sa déclaration de revenus de 2012 au commissaire à l'éthique et a estimé qu'en exigeant de la rendre publique, M. Couillard remettait en cause l'intégrité du commissaire.

Une fois de plus, elle a accusé le chef libéral de n'avoir pris aucun engagement en matière d'intégrité et d'avoir refusé de se dissocier des années de Jean Charest.

Au même moment, le Parti québécois déposait une plainte au Directeur général des élections (DGE) du Québec relativement à une activité de financement de 428 000 $ révélée dans le cadre de perquisitions de l'Unité permanente anticorruption en lien avec le financement du Parti libéral du Québec (PLQ), une somme qui ne se retrouve apparemment dans aucun rapport financier.

À Asbestos, où il participé à un rassemblement militant pour sa candidate Karine Vallières, dans Richmond, M. Couillard a affirmé aux journalistes qu'il ignore tout de l'événement auquel M. Duchesne fait référence.

«Je n'ai aucune idée, je n'étais pas là, a-t-il dit. L'UPAC fera son travail. (...) Je suis chef depuis mars 2013.»

En matinée, Mme Marois a dit aussi juger que le chef libéral cherchait à gagner la bataille électorale en tentant «de faire peur aux Québécois», brandissant chaque jour la menace d'un référendum si le Parti québécois était reporté au pouvoir.

Son avis est partagé par le chef caquiste François Legault, qui a lui aussi blâmé Philippe Couillard, accusé de miser sur la peur référendaire pour gagner des votes et devenir «premier ministre par défaut».

Pendant ce temps, deux candidates et ex-ministres libérales, Christine St-Pierre et Lise Thériault, tenaient un point de presse visant précisément à mettre en garde les électeurs contre la stratégie référendaire du PQ lors du prochain mandat.

De passage à Laval, où il était venu parler des liens à favoriser entre les universités et les entreprises, M. Legault a aussi rappelé mardi son engagement à ne pas tenir de référendum et à proposer sa version de la charte péquiste de la laïcité de l'État.

Toujours en troisième place, à 15 pour cent dans les intentions de vote, loin derrière M. Couillard et Mme Marois, selon le dernier sondage Léger rendu public mardi, M. Legault a reconnu qu'il avait «toute une côte» à remonter d'ici le 7 avril.

Le coup de sonde, réalisé auprès de 3692 répondants entre le 21 et le 23 mars, donne 40 pour cent d'appui au PLQ de M. Couillard, soit suffisamment pour former un gouvernement majoritaire, et 33 pour cent au parti de Mme Marois.

Québec solidaire a toujours récolté peu d'appui populaire en dehors de Montréal. Mardi, le parti de gauche a rendu public son plan pour Montréal: rendre le transport en commun gratuit d'ici dix ans, par exemple, en commençant par abaisser le prix des cartes mensuelles.

De son côté, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a publié mardi une analyse des engagements économiques des trois principaux partis.

Les bons points: la CAQ, pour sa volonté d'exploiter les ressources pétrolières du Golfe du Saint-Laurent, le PLQ, pour son intention de relancer le Plan Nord, et le PQ, pour sa décision d'explorer le potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti et d'utiliser les surplus d'électricité pour attirer des investissements.