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25/03/2014 04:52 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Couillard défend le pouvoir de nomination dans la haute fonction publique

TROIS-RIVIÈRES, Qc - Le chef libéral Philippe Couillard a défendu, mardi, le pouvoir qui permet au conseil des ministres de nommer dans la haute fonction publique des personnes issues de la filière politique.

Lors d'un point de presse à l'occasion d'une étape de sa caravane, M. Couillard a affirmé qu'il était «correct», pour un gouvernement, de vouloir s'entourer de gens qui partagent ses objectifs, à la condition qu'ils soient compétents.

«Il est correct pour un gouvernement de vouloir s'entourer de personnes qui ont les mêmes objectifs et qui veulent contribuer au succès du gouvernement, a-t-il dit. On peut trouver ces personnes sous l'étiquette politique qu'on représente mais parfois sous d'autres étiquettes politiques.»

Alors que l'ensemble de l'appareil de la fonction publique est régi par des règles qui encadrent le recrutement et la promotion des membres de la fonction publique, le conseil des ministres dispose du pouvoir de nommer les sous-ministres et sous-ministres adjoints.

Un rapport publié en décembre dernier souligne que des règles plus précises devraient encadrer ces nominations lorsque les candidats proviennent de l'extérieur de la fonction publique.

André Perrault, qui présidait le comité chargé d'écrire le rapport, commandé par le gouvernement du Parti québécois après la controverse entourant la nomination de l'ex-chef péquiste André Boisclair au poste de délégué général à New York, a estimé que cela s'avère nécessaire pour préserver les apparences.

Mardi, M. Couillard ne s'est pas avancé sur les recommandations du rapport qu'il pourrait mettre en place, réservant ses réponses pour plus tard.

Selon le chef libéral, il ne faut pas que des personnes qui ont une expérience en politique soient systématiquement écartées si sont en mesure de satisfaire les exigences d'une poste dans la haute fonction publique.

«Je veux avoir des gens compétents, a-t-il dit. Mais je veux également faire en sorte que le fait d'avoir eu une affiliation politique, un engagement politique, incluant le fait d'avoir travaillé dans un cabinet politique, où il y a des gens parfois et souvent très compétents, que ce ne soit pas un facteur d'exclusion.»

M. Couillard a accusé le Parti québécois de s'être livré à une purge envers les personnes nommées par le précédent gouvernement libéral de Jean Charest.

M. Couillard s'est particulièrement indigné du traitement que les péquistes ont réservé à ces cadres au sommet de l'administration de l'État québécois.

«Souvent des personnes ont été déplacées rapidement avec parfois pas trop de ménagement», a-t-il dit.

Si les libéraux sont élus, ils feront une évaluation des nominations du PQ pour décider si la compétence des personnes nommées était suffisante.

«Tout nouveau gouvernement fait ça», a-t-il dit.

M. Couillard a plaidé pour un traitement équitable, par les gouvernements successifs, des titulaires de postes dans la haute fonction publique qui ont une couleur politique.

«Si au Parti québécois on a nommé durant la dernière année et demi on a nommé des gens qui sont affiliés politiquement mais qui ont clairement la compétence pour occuper un poste je n'ai pas de problème avec ça, mais je veux que le même raisonnement s'applique également au Parti libéral du Québec», a-t-il dit.

Selon le rapport Perrault, avec son pouvoir de nomination dans la haute fonction publique et les organismes gouvernementaux, le conseil des ministres a beaucoup de latitude actuellement. Dans le cas des candidats issus de la filière politique, le processus de sélection se limite généralement à une vérification de sécurité et des diplômes, note le document.

La responsabilité concernant les postes de sous-ministre adjoint a aussi été retirée à la commission sur la fonction publique, dont les règles prévoyaient un concours ou un examen pour accéder à ces postes.