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Béchir rencontre Tourabi pour la première fois depuis des années

Le président soudanais Omar el-Béchir a officiellement rencontré vendredi son ancien compagnon de route Hassan al-Tourabi, aujourd'hui dans l'opposition, pour la première fois depuis 14 ans, au moment où le gouvernement tend la main aux opposants après des appels à des réformes.

Les deux hommes ont affiché des sourires à leur arrivée dans un bâtiment présidentiel où l'entretien s'est déroulé en la présence d'importantes délégations.

M. Béchir essaie de tendre la main à l'opposition, dont fait partie le Congrès populaire de M. Tourabi, dans le cadre de sa politique de "renaissance" annoncée en janvier alors que le pays est miné par des rebellions, une profonde crise économique et un isolement international.

Mais pour les détracteurs du président, la proposition de dialogue de M. Béchir n'est qu'un moyen de rester au pouvoir sans véritablement régler les nombreux problèmes du pays.

"Nous pensons que la situation du pays nécessite un dialogue dans lequel doivent être impliqués tous les partis politiques et les groupes armés", a indiqué Bachir Adam Rahma, un responsable du Congrès populaire, à l'issue de la rencontre de 90 mn.

"Nous sommes d'accord sur le fait que le dialogue national doit commencer immédiatement", a-t-il ajouté.

M. Tourabi était l'une des personnalités clé impliquées dans le coup d'Etat de 1989 soutenu par les islamistes qui avait porté au pouvoir Omar el-Béchir. Le Soudan s'était alors rendu célèbre pour avoir donné l'asile aux activistes islamistes, notamment le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden, qui fut basé dans ce pays de 1991 à 1996.

Une lutte de pouvoir entre Béchir et Tourabi avait abouti au limogeage dix ans plus tard de ce dernier du Parti du congrès national, au pouvoir.

L'islamiste avait alors fondé le Congrès populaire, devenant l'un des adversaires les plus virulents au président Béchir. Il a depuis été emprisonné à plusieurs reprises.

Même si les deux hommes s'étaient rencontrés de façon non formelle depuis leur rupture, la rencontre de vendredi est le premier entretien officiel, et intervient alors que des élections sont prévues pour cette année.

Se sont joints à la rencontre de vendredi Ali Osmane Taha, qui avait démissionné de son poste de vice-président en décembre, et Nafie Ali Nafie, un autre vétéran islamiste qui a exercé les fonctions de conseiller présidentiel.

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