POLITIQUE
11/03/2014 08:52 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Votes et états financiers: la CAQ demanderait des comptes aux syndicats

Radio-Canada

QUÉBEC - Que les syndicats le comparent à Stephen Harper ou même à Maurice Duplessis, François Legault n'en a cure: les regroupements de travailleurs doivent revoir leurs méthodes afin d'être plus transparents, surtout dans la foulée des révélations à la Commission Charbonneau.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s'est fait servir une volée de bois vert, mardi, après avoir annoncé des mesures visant à mettre fin à ce qu'il a qualifié de «culture d'intimidation, du secret et de la contrainte» dans les moeurs syndicales.

Dans ses 100 premiers jours, un gouvernement caquiste adopterait trois mesures pour encadrer le fonctionnement des syndicats. François Legault estime qu'il est temps de moderniser le fonctionnement de ces organisations afin de «redorer leur blason».

Les regroupements de travailleurs devraient dorénavant divulguer publiquement leurs états financiers, car selon François Legault, «l'opacité» de leur gestion financière et de leur reddition de comptes n'est plus acceptable.

La CAQ juge également nécessaire de modifier le Code du travail afin d'instaurer le vote secret pour toute accréditation syndicale ou son maintien, une façon de faire qu'elle juge «dépassée».

Le chef caquiste a indiqué qu'il s'agirait là d'une véritable pomme de discorde dans l'éventualité où il serait appelé à négocier avec les syndicats, mais il soutient que l'implantation d'un vote secret est cruciale dans une société démocratique.

«Imaginez-vous si le 7 avril, je me présentais auprès des électeurs avec leur bulletin de vote et que je les regardais voter. Ça n'a pas de bon sens ce que proposent les syndicats», a-t-il illustré.

«Ce que je poursuis, moi, comme objectif, c'est que ce soit démocratique, qu'il n'y ait pas des gars avec des gros bras qui fassent signer des cartes à des gens qui ont peur et qui signent», a ajouté M. Legault.

Il est également question, dans le plan de match de la formation politique, d'empêcher les regroupements de travailleurs d'utiliser les cotisations prélevées par la formule Rand à d'autres fins que le financement des activités «qui portent sur les relations de travail et la défense des travailleurs».

Pas question, par exemple, que les syndicats nolisent des autocars afin que leurs membres prennent part à des rassemblements politiques ou encore des manifestations, comme cela a été fait lors du printemps érable.

«Ça ne devrait pas être utilisé, les cotisations syndicales (...) pour préparer des manifestations sur les sujets autres que la négociation des conditions de travail», a insisté M. Legault lors de sa conférence de presse matinale dans un hôtel de Québec.

La définition de ce qui constitue une «activité politique» dans le dictionnaire caquiste demeure cependant floue.

Serait-il acceptable, par exemple, qu'un syndicat pige dans ses coffres pour contester un projet de loi qui, à son avis, met en péril les conditions de travail?

«Ça pourrait, à ce moment-là, être acceptable. (...) Ça sera peut-être à définir de façon plus précise», a signalé le chef de la CAQ, ajoutant que le «gros bon sens» devrait primer.

Les principales organisations syndicales ont réagi au quart de tour.

«Franchement, M. Legault est-il à ce point désespéré qu'il s'en prend maintenant aux hommes et aux femmes qui ont construit le Québec? C'est du Harper copier-coller», a dénoncé Daniel Boyer, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

François Legault avait commencé son allocution de mardi matin en prenant bien soin de rappeler que les syndicats avaient contribué à l'avancement de la société québécoise, mais rien n'y fit.

Le scénario de la dernière campagne électorale, au cours de laquelle la grande majorité des organisations syndicales avaient exhorté leurs membres à ne pas voter pour la CAQ, semble être en passe de se reproduire.

Le chef caquiste a plaidé qu'il ne craignait pas de s'attaquer à certaines vaches sacrées, contrairement aux «deux vieux partis».

«Je ne vais pas me mettre à genoux parce que j'ai peur de leur réaction. À un moment donné, là, il faut défendre l'intérêt commun», a-t-il fait valoir.

La caravane de la Coalition avenir Québec, qui a sillonné mardi les routes de la Beauce, est rentrée à Québec en soirée. Elle doit mettre le cap sur la région de Montréal mercredi.

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