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11/03/2014 09:46 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Une ambuscade maoiste coûte la vie à 20 soldats dans le centre de l'Inde

NEW DELHI - Une ambuscade tendue par des rebelles maoistes dans le centre de l'Inde a donné lieu à une fusillade de trois heures et coûté la vie à au moins 20 soldats paramilitaires, mardi.

Quelque 200 rebelles ont encerclé le camp militaire et ouvert le feu, tuant 18 hommes sur le coup, a révélé l'inspecteur-général de la police, Mukesh Gupta. Les militaires ont répliqué et les échanges de tirs se sont poursuivis pendant trois heures. Deux autres soldats ont succombé à leurs blessures après l'attaque.

La police a fouillé la jungle sans parvenir à retrouver les assaillants.

L'attaque s'est produite près du village de Jiram Ghati, dans le district de Sukma de l'État de Chhattisgarh, dans le sud du pays. Elle survient quelques semaines seulement avant la tenue d'élections nationales.

Des soldats militaires sont déployés dans cette région densément peuplée depuis des mois, pour protéger les ouvriers qui construisent des nouvelles routes.

Il s'agit de la plus importante attaque rebelle depuis mai 2013, qui avait coûté la vie à 27 personnes dans la même vallée de Jiram Ghati, dont plusieurs politiciens du parti Congrès au pouvoir. Une autre attaque perpétrée dans cette région avait coûté la vie à 76 policiers en 2010.

Les rebelles maoistes s'opposent aux efforts du gouvernement pour développer la région, qui intéresse des entreprises minières. Les rebelles affirment que l'activité minière nuit aux forêts. La plupart des tribus qui habitent le secteur dépendent de la forêt pour se nourrir, se chauffer et s'abriter.

Les rebelles s'activent depuis plus de 30 ans dans plusieurs États indiens. Ils réclament un meilleur partage des ressources naturelles, ainsi que des emplois et des terres pour les pauvres et les ouvriers agricoles. Ils ciblent fréquemment la police et les représentants du gouvernement, qu'ils accusent de collusion avec les riches fermiers et les grands propriétaires terriens pour exploiter les pauvres.

Les rebelles sont présents dans 20 des 28 États indiens et ils compteraient entre 10 000 et 20 000 combattants. Le premier ministre Manmohan Singh a affirmé qu'ils représentent la plus importante menace interne pour l'Inde. Les violences ont fait des milliers de victimes au cours des dernières années.

Les rebelles menacent d'interférer avec le déroulement des élections, et plusieurs experts estiment que les efforts du gouvernement pour les contrôler sont insuffisants.

«Les forces déployées dans la régions les plus touchées par les maoistes sont insuffisantes. Ça rend les soldats vulnérables aux attaques, a dit Ajai Sahni, de l'Institut de gestion des conflits à New Delhi. Les forces de sécurités devraient être déployées en nombres suffisants pour dominer les régions sous leur responsabilité.»

Le principal élu de l'État de Chhattisgarh affirme avoir demandé plus de soldats à New Delhi en vue de l'élection. Il a aussi organisé, mardi, une rencontre des responsables politiques et policiers pour élaborer une stratégie en vue du scrutin, qui doit s'étirer sur trois jours en avril.

«Nous livrons notre combat le plus important pour la démocratie, a dit le ministre en chef Raman Singh. Nous ne craignons pas ce combat et nous lutterons jusqu'au bout contre la menace rebelle.»