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11/03/2014 10:04 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Un commandant libyen demande l'aide des États-Unis

TRIPOLI, Libye - Le commandant d'une milice libyenne qui s'est emparée de ports pétroliers dans l'est du pays demande l'aide des États-Unis pour régler son différend avec le gouvernement central.

Le Parlement libyen a d'ailleurs évincé mardi le premier ministre Ali Zidan en lien avec cette affaire, et l'a remplacé sur une base intérimaire par le ministre de la Défense, Abdullah al-Thinni.

Le parlementaire Hussein el-Ansari a révélé que 121 parlementaires sur les 180 restants ont voté en défaveur de M. Zidan. Le bloc islamiste des Frères musulmans cherchait depuis longtemps à l'évincer, mais était jusqu'à présent à court de votes.

Le milicien Ibrahim Jedran a déclaré, sur les ondes de son réseau de télévision privé, qu'il accueillerait l'aide des États-Unis pour superviser la gestion des exportations pétrolières et des revenus de son organisation.

La milice a provoqué une crise de trois jours quand elle a tenté de charger du pétrole à bord d'un navire battant pavillon nord-coréen qui avait accosté au port stratégique d'al-Sidra, sans la permission du gouvernement. La milice s'est emparée de ce port l'été dernier.

Le gouvernement libyen a affirmé lundi que ses forces ont pris le contrôle du pétrolier, ce que nie la milice. Un porte-parole du groupe de M. Jedran prétend que le navire se trouve déjà en eaux internationales et qu'il a pu quitter le territoire libyen sans problème.

L'ambassadrice américaine Deborah Jones a prévenu que les actes de la milice vont à l'encontre du droit international et qu'ils correspondent à un vol. Elle a ajouté que ce pétrole appartient à la Compagnie nationale libyenne de pétrole et à ses partenaires, dont des firmes américaines.

M. Jedran, un ancien rebelle anti-Kadhafi, a réclamé l'autonomie pour la région de la Cyrénaïque, dans l'est de la Libye.

M. Zidan n'a pas immédiatement commenté son congédiement, qui suscite de nouvelles craintes de conflit armé puisque la plupart des politiciens sont appuyés par des milices aux allégeances idéologiques ou régionales, dont certaines qui risquent de mal digérer son départ.

Le départ de M. Zidan semblait inévitable à plusieurs Libyens. Choisi comme premier ministre après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, il s'était récemment plaint que l'armée faisait fi de ses ordres et que «tous semblent se liguer contre le gouvernement». Il avait même été brièvement kidnappé, l'an dernier.

M. Zidan était appuyé par l'Alliance des forces nationales, face aux Frères musulmans.