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11/03/2014 04:50 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Ukraine : un conseiller de Klitschoko demande à l'Occident d'agir contre la Russie

L'Occident, notamment l'Union européenne, doit agir pour empêcher la Russie d'annexer la Crimée, faute de quoi le système de sécurité en Europe sera remis en cause, a mis en garde mardi un proche du candidat à la présidence ukrainienne Vitali Klitschko.

En visite à Washington, Oleh Shamshur, conseiller diplomatique de M. Klitschko, et qui fut dans les années 2000 vice- ministre des Affaires étrangères et ambassadeur aux Etats-Unis, a aussi plaidé pour une réplique très ferme de Kiev à Moscou, notamment par la mobilisation générale de l'armée.

"L'Occident doit agir maintenant sans procrastination", a lancé M. Shamshur devant le centre de réflexion German Marshall Fund of the United States.

"Les forces du (président russe Vladimir) Poutine peuvent être stoppées. Cela reste possible, mais le temps manque. J'appelle à agir", a insisté le conseiller de l'ancien champion du monde de boxe Klitschko, candidat pro-européen à l'élection présidentielle du 25 mai.

M. Shamshur a reproché aux Américains et aux Européens une certaine passivité en février, avant la chute du président Viktor Ianokovitch, notamment en s'abstenant d'"imposer des sanctions pour empêcher" la répression des manifestations fin février.

"Avec la Crimée, nous sommes confrontés aux mêmes défis", a argumenté le diplomate ukrainien, réclamant "des sanctions économiques, et la poursuite de pressions diplomatiques contre Poutine".

Il a aussi plaidé pour que les "Etats-Unis et d'autres pays préparent une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU" contre Moscou.

Car, a prévenu M. Shamshur devant un parterre de diplomates américains et européens, "si la Crimée est annexée par la Russie, l'architecture post-Guerre froide de la sécurité en Europe disparaîtra".

Il a réservé ses critiques les plus acerbes à l'UE, laquelle "devrait être plus inquiète des retombées de la crise et décider finalement d'agir plutôt que de simplement dire qu'elle est prête à le faire".

Affirmant que son pays est "en guerre", il a réclamé, en cas d'annexion de la Crimée, "une mobilisation totale, pas partielle" des forces armées ukrainiennes, "la fermeture des frontières avec la Russie" et de couper les approvisionnements en énergie et en eau entre l'Ukraine et la Crimée.

Les autorités séparatistes de Crimée ont fait un pas de plus vers le rattachement à la Russie en adoptant mardi une déclaration d'indépendance, alors que Russes et Américains discutent de leurs propositions concurrentes pour sortir de la crise. Parallèlement, les Européens, Britanniques et Français en tête, ont évoqué de nouvelles sanctions.

nr/rap