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11/03/2014 09:40 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Tunisie: un prédicateur salafiste en détention pour des prêches non autorisés

Un prédicateur salafiste tunisien a été placé en détention provisoire pour avoir prononcé des prêches sans autorisation, a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire.

Khamis Mejri "est en prison pour avoir contrevenu à la loi sur les mosquées et va comparaître devant un juge", a dit à l'AFP Mongi Boularès, porte-parole du Parquet de Bizerte (nord).

Il est accusé d'avoir prononcé des prêches dans des mosquées de Bizerte et de sa région sans autorisation préalable.

Une loi de 1988 interdit "l'exercice de toute activité dans les mosquées, sous forme de discours, de réunions ou d'écrits par les personnes autres que celles appartenant à l'organe chargé de leur fonctionnement, sauf autorisation du Premier ministre".

"Nous ne faisons qu'appliquer la loi. Khamis Mejri ne sera ni le premier ni le dernier" à être arrêté, a affirmé M. Boularès.

Khamis Mejri, connu des Tunisiens pour des apparitions polémiques sur les plateaux de télévision, était membre du Mouvement du la tendance islamique (MTI), l'ancêtre du parti islamiste Ennahda qu'il accuse d'avoir "rejoint le projet occidental, la dénommée démocratie".

Le prédicateur, qui a plusieurs fois rendu hommage à Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda tué en 2011 par un commando américain, se dit salafiste "indépendant".

Les autorités tunisiennes font face depuis la révolution de 2011 à l'essor de groupes jihadistes. Une vingtaine de militaires, de gendarmes et de policiers ont été tués en 2013 dans des affrontements avec des groupes armés.

Le Premier ministre Mehdi Jomaa a récemment indiqué qu'environ 150 mosquées étaient aujourd'hui hors du contrôle des autorités.

Le ministère des Affaires religieuses a annoncé lundi avoir décidé de fixer les horaires d'ouverture et de fermeture des mosquées, pour éviter notamment "que les lieux de culte ne soient utilisés dans des buts en contradiction avec leur sacralité".

iba/tp