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11/03/2014 06:04 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Syrie: 5,5 millions d'enfants affectés par le conflit (ONU)

Le nombre d'enfants touchés par la guerre en Syrie a plus que doublé au cours de la troisième année du conflit, atteignant 5,5 millions, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) publié mardi.

Dans ce rapport, intitulé "En état de siège - trois années d'un conflit dévastateur pour les enfants en Syrie", l'Unicef affirme qu'un million d'enfants se trouvent dans des zones assiégées ou inaccessibles et réclame plus d'aide humanitaire.

"Privés d'aide, vivant dans des décombres et luttant pour trouver de la nourriture, de nombreux enfants syriens se sont retrouvés sans aucune protection, aide médicale ou soutien psychologique et ont peu ou pas accès à l'éducation", selon le rapport.

"Dans les pires cas, des femmes enceintes et des enfants ont été délibérément blessés ou tués par des tirs de snipers", ajoute-t-il.

Selon l'Unicef, dont le rapport "illustre les profonds traumatismes vécus" par les enfants syriens, plus de deux millions d'entre eux ont besoin d'un traitement ou d'un soutien psychologique.

"Pour les enfants syriens, les trois dernières années ont été les plus longues de leur vie. Doivent-ils endurer une autre année de souffrance?", s'est insurgé le directeur exécutif de l'Unicef Anthony Lake, cité dans le rapport.

"La violence, l'effondrement du système éducatif et des services de santé, la profonde détresse psychologique et la détérioration de la conjoncture économique concourent à dévaster une génération" d'enfants syriens, souligne le texte.

Hors du pays, 1,2 million d'enfants sont désormais réfugiés et vivent dans des conditions où l'accès à l'eau potable, à la nourriture ou à l'éducation sont limités.

Selon l'Unicef, un enfant syrien réfugié sur 10 travaille et 25% des Syriennes dont le mariage a été enregistré en Jordanie étaient mineures.

"Le prix que paient les enfants est réellement inacceptable", a déclaré la représentante adjointe de l'Unicef en Syrie, Hamida Lasseko, lors d'une conférence de presse à Genève.

Beaucoup d'enfants ont vécu des histoires horribles, a-t-elle déploré.

Elle a décrit le cas d'une fillette de cinq ans que des travailleurs de l'Unicef ont trouvée errant dans les environs de Homs après l'évacuation de zones assiégées en février.

"Sa mère était morte dans les bombardements la veille", a expliqué Mme Lasseko.

"Cette guerre doit prendre fin pour que les enfants puissent rentrer chez eux et reconstruire leurs vies en sécurité auprès de leur famille et de leurs amis. Cette troisième année (de conflit) dévastatrice pour les enfants syriens doit être la dernière", a martelé M. Lake.

Le nombre d'enfants touchés par cette guerre représente "déjà la population d'un pays comme la Finlande ou le Danemark", a rappelé à Genève le porte-parole de l'Unicef pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, Simon Ingram.

Il a dit qu'il espérait que le rapport, qui détaille la façon dont plus de 10.000 enfants ont été tués et beaucoup d'autres mutilés durant le conflit, provoquerait un sentiment d'indignation et de colère.

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