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11/03/2014 08:38 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Rien ne prouve que le vol MH370 ait atteint le détroit de Malacca, dit Daud

KUALA LUMPUR, Malaisie - L'avion de la Malaysia Airline porté manquant a peut-être tenté de faire demi-tour avant de disparaître des radars mais rien ne prouve qu'il ait atteint le détroit de Malacca, a indiqué le commandant en chef des forces aérienne de la Malaisie mercredi, contredisant ainsi ce qu'il avait déclaré un peu plus tôt.

Un quotidien régional, le Berita Harian, avait cité le général Rodzali Daud, selon qui un radar militaire a repéré l'appareil à 2h40 près de Pulau Perak, à l'entrée nord du détroit, une route maritime achalandée qui sépare la Malaisie de l'île indonésienne de Sumatra.

Mais dans un communiqué publié plus tard, l'officier a nié avoir fait cette déclaration, faisant plutôt référence à celle du 9 mars où il disait que les autorité «n'avaient pas rejeté la possibilité que l'avion ait fait demi-tour» et ajoutant que les équipes de secours avaient été déployées en tenant compte de cette hypothèse.

Un autre responsable militaire avait confirmé la première information, sous le couvert de l'anonymat, et révélé que l'appareil semblait voler à basse altitude.

Le directeur de l'aviation civile de la Malaisie, Azharuddin Abdul Rahman, n'a pu confirmer ou nier les informations des militaires, ce qui laisse sous-entendre la la confusion ou des désaccords au sein des autorités du pays. «Il y a la possibilité d'un demi-tour. Nous continuons d'enquêter et d'analyser les données du radar, a-t-il déclaré, mercredi. Il se peut que les données ne soient pas concluantes, surtout si l'appareil était touché par une panne.»

Le mystère plane toujours sur le vol MH370 du transporteur aérien Malaysia Airlines, qui s'est volatilisé tôt samedi matin.

On se demande aussi pourquoi l'appareil n'émettait pas de signaux détectables par des radars civils.

Les autorités avaient précédemment indiqué que l'appareil pourrait avoir tenté de faire demi-tour pour revenir à Kuala Lumpur, mais les responsables doutent que les pilotes aient pris une telle décision sans en informer la tour de contrôle.

Les fouilles pour retrouver l'appareil se sont tout d'abord concentrées dans les eaux entre la côte orientale de la Malaisie et le Vietnam, là où l'appareil a été détecté pour la dernière fois. Aucune trace de l'avion, qui avait 239 personnes à son bord, n'a été retrouvée par la quarantaine d'aéronefs et de navires fournis par au moins dix pays qui participent aux recherches.

On avait appris, plus tôt pendant la journée, que les deux hommes qui ont pris place à bord du vol MH370 à l'aide de passeports volés ont été identifiés.

L'agence policière internationale Interpol a diffusé mardi des images de deux Iraniens montant à bord de l'appareil en même temps.

Le secrétaire-général d'Interpol, Ronald K. Noble, a expliqué que les deux hommes s'étaient apparemment rendus en Malaisie avec leurs passeports iraniens légitimes, avant d'utiliser les passeports volés — un italien et l'autre autrichien — pour la suite de leur voyage.

M. Noble a ajouté que les informations recueillies au sujet des deux hommes diminuent les risques que l'avion ait été victime d'un attentat terroriste, mais qu'on doit quand même s'inquiéter de la facilité avec laquelle ils ont pu utiliser des passeports volés.

Les deux individus ont été identifiés comme étant Seyed Mohammed Reza Delavar, qui est âgé de 29 ans, et Pouria Nourmohammadi, qui aurait 18 ou 19 ans.

La mère du jeune homme l'attendait en Allemagne et elle aurait communiqué avec les autorités quand elle n'a pas eu de nouvelles de son fils. L'adolescent aurait eu l'intention de demander l'asile dans ce pays.

«Nous croyons qu'il (Nourmohammadi) n'appartient probablement pas à une organisation terroriste», a dit le chef de la police malaisienne, Khalid Abou Bakar.

Il a ajouté que les craintes d'un acte terroriste paraissent se calmer puisqu'il semble «plus certain que ces deux individus n'étaient probablement pas des terroristes». Il a demandé au public de fournir plus d'informations au sujet des deux hommes.

Malaysia Airlines a dit se pencher sur un reportage de la télévision australienne, qui prétend que le copilote du vol MH370 a invité deux femmes à visiter le poste de pilotage pendant un vol, il y a deux ans.

Une des deux femmes, Jonti Roos, a expliqué à l'émission «Current Affairs» qu'une amie et elle ont pu demeurer dans le poste de pilotage pour toute la durée du vol d'une heure, entre Phuket, en Thaïlande, et Kuala Lumpur. Elle a ajouté que l'équipage n'a pas semblé surpris de la situation.

«Pendant tout le vol, ils jasaient avec nous et ils fumaient même pendant le vol», a-t-elle dit.

La Chine a dépêché quatre nouveaux navires pour participer aux recherches, en plus des quatre déjà déployés. Un dirigeant de l'armée vietnamienne a indiqué que ses hommes ont reçu ordre de chercher l'appareil dans les montagnes, dans la jungle dense et près des frontières avec le Laos et le Cambodge.

Interpol étudie comment elle pourrait permettre aux transporteurs aériens de consulter directement sa banque de 40 millions de documents volés, plutôt que de confier uniquement cette tâche aux contrôles douaniers. Les transporteurs Air Arabia et Qatar Airways participent actuellement à un projet pilote après avoir approché l'agence internationale.

M. Noble a rappelé que le problème des passeports volés est connu au moins depuis les attentats terroristes de 1993, au World Trade Center.