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11/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Quinze ans après, Varsovie, Prague et Budapest se félicitent de leur adhésion à l'Otan

Il y a quinze ans, la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, entraient dans l'Otan, une décision dont ils se félicitent aujourd'hui à la lumière de la crise russo-ukrainienne.

"L'Otan est la plus sure alliance à laquelle la Pologne ait jamais appartenu", a commenté le Premier ministre polonais Donald Tusk, visitant lundi une base militaire à Siemirowice (nord).

Cette ouverture à l'Est a amorcé l'élargissement de l'Alliance atlantique à d'autres anciens membres du pacte de Varsovie.

Le 12 mars 1999, après dix ans de difficiles négociations, Varsovie, Prague et Budapest étaient les premiers. D'autres pays ex-communistes d'Europe centrale, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie, allaient faire de même en 2004, effaçant les partages de la guerre froide.

Sans l'appartenance à l'Otan, le conflit ukrainien aurait constitué "une menace absolument dramatique" pour la Pologne et les pays baltes, estime l'ancien président polonais Aleksander Kwasniewski.

"Si la Pologne n'était pas dans l'Otan, les pays baltes n'y seraient sans doute pas non plus (...) Nous aurions eu, dans cette région du monde, une sorte de vide de sécurité et ce vide aurait pu facilement être rempli par quelqu'un d'autre", a déclaré dimanche M. Kwasniewski.

"Mais aujourd'hui, grâce au parapluie de l'Otan, nous pouvons dormir bien plus tranquillement", a-t-il ajouté.

62% des Polonais approuvent l'appartenance de leur pays à l'Otan, 4% seulement se déclarant contre, selon un récent sondage de l'institut CBOS.

La crise russo-ukrainienne a ravivé le spectre d'une nouvelle guerre froide et la Pologne, inquiète des actions de Moscou pour sa sécurité, a invoqué le Traité fondateur de l'Otan prévoyant des consultations quand un Etat-membre estime sa sécurité menacée.

Désireux de rassurer ses alliés est-européens au sein de l'Otan, les Etats-Unis ont décidé d'intensifier les entraînements aériens conjoints avec la Pologne et d'augmenter leur participation à la protection de l'espace aérien des pays baltes.

Douze avions de chasse F-16 et 300 soldats américains vont arriver en Pologne d'ici jeudi pour participer à "un exercice militaire dont la tenue a été avancée et élargie dans un contexte politique tendu à cause de la situation en Ukraine", selon le porte-parole du ministère polonais de la Défense Jacek Sonta.

Russes et Ukrainiens assurent chercher une solution "diplomatique" autour de la péninsule séparatiste de la Crimée dont le président russe Vladimir Poutine défend le droit d'être rattachée à la Russie, tandis que Kiev en appelle aux Etats-Unis pour faire cesser "l'agression".

Washington et Londres se sont portés garants avec la Russie de l'intégrité territoriale de l'Ukraine quand cette ex-république soviétique a renoncé à son arsenal nucléaire en 1994.

"De nos jours l'Otan n'est plus la même organisation que celle qui avait battu l'URSS, ce n'est plus l'Alliance que nous avons rejoint il y a quinze ans, mais je continue à penser que c'est ce qu'il y a de mieux pour nous, s'agissant de sécurité", souligne à Prague le général tchèque Andor Sandor, expert renommé et ancien chef du renseignement militaire.

"Notre adhésion (à l'Otan) a permis à notre armée d'apprendre beaucoup de choses, nous avons atteint la norme occidentale à bien des égards et, aujourd'hui, de nombreux soldats ont effectué des missions, ont suivi des formations, ont occupé des postes, je considère que c'est une chose positive", dit-il à l'AFP.

La Hongrie se félicite également d'être entrée dans l'Otan. "L'adhésion à l'Otan a vraiment été un avantage net pour la Hongrie. Cela nous a ancré dans la communauté transatlantique", déclare à l'AFP, Istvan Balogh, spécialiste des questions de Défense à l'Institut hongrois des Affaires internationales.

"L'expérience que nous avons retirée des combats en Afghanistan, montrant comment fonctionnait un environnement militaire du 21e siècle, a également contribué à développer la science militaire hongroise", ajoute-t-il.

Istvan Gyarmati, expert défense, ancien diplomate, président de l'ONG Centre International pour la Transition Démocratique, renchérit: "l'expérience de la Hongrie dans l'Otan a été très positive. Nous avons fait beaucoup de progrès depuis que nous y sommes entrés".

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