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11/03/2014 08:05 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Quelques questions-clé du procès d'Oscar Pistorius

Au septième jour du procès pour meurtre d'Oscar Pistorius, plusieurs questions restent sans réponse sur le déroulement des faits dans la nuit du meurtre de Reeva Steenkamp.

De la réponse à ces interrogations dépend le verdict que prononcera la juge après le procès. Dans le système judiciaire sud-africain, elle ne peut pas condamner s'il reste un "doute raisonnable" favorable à l'accusé.

Pistorius soutient la thèse d'une tragique méprise, et affirme qu'il a tiré sur la porte fermée des toilettes en croyant qu'un cambrioleur s'y était introduit par la fenêtre. Le parquet maintient sa version d'un assassinat consécutif à une dispute.

Que s'est-il passé dans les heures précédant le meurtre?

Reeva Steenkamp a été tuée peu après trois heures du matin, abattue par quatre balles, dont une dans la tête. Pistorius affirme que lui et sa petite amie s'étaient mis au lit vers 10h00. Or, l'autopsie révèle que la jeune femme a mangé vers une heure du matin. Le procureur utilisera probablement ce détail pour démontrer que la version de l'accusé n'est pas valide.

Le couple s'est-il disputé?

Un seul témoin, une voisine, dit avoir été dérangée par des éclats de voix pendant environ une heure entre 2h00 et 3h00 du matin environ. Elle n'a pas saisi le sens des mots échangés, mais affirmé que les voix étaient celles de personnes "en colère".

Qui a crié avant les coups de feu?

Deux voisins, un couple, ont entendu "des hurlements de femme" juste avant les coups de feu, mais aussi des appels à l'aide d'un homme. Ils affirment que le dernier cri de la femme, juste après le dernier coup de feu, était "faiblissant".

Interrogé pour expliquer pourquoi un homme aurait appelé à l'aide AVANT les coups de feu, le couple s'est demandé à l'audience "si c'était simulé", selon les termes de Michelle Burger, l'épouse.

"Le contraste entre la peur et l'intensité dans la voix féminine, et la monotonie de la voix masculine m'a frappé. (...) Il avait presque l'air embarrassé d'appeler à l'aide", a soutenu son mari Charl Johnson.

Les voisins ont-ils vraiment entendu la voix de Reeva et les coups de feu?

L'avocat de Pistorius s'est efforcé de présenter une autre version des faits. Selon lui, le champion paralympique a fait feu sans savoir sur qui il tirait. Lorsqu'il a compris qu'il avait tué Reeva, il s'est mis à hurler, d'une voix tellement aiguë que les témoins ont cru entendre une femme. Il a ensuite défoncé la porte des toilettes avec une batte de cricket. Et ce sont ces coups de batte que les témoins, réveillés par ses cris, ont pris pour des coups de feu.

La défense soutient aussi qu'on ne pouvait pas entendre Reeva crier alors qu'elle était enfermée dans les toilettes et fait observer que la victime n'aurait pas pu crier après avoir été touchée au cerveau, une blessure qui, selon le légiste, lui a fait perdre conscience sur le champ.

Les témoins sont restés inflexibles. Ils maintiennent que les cris étaient bien ceux d'une femme, et que les détonations étaient celles d'une arme à feu.

Qu'a fait Pistorius dans les secondes qui ont suivi le drame?

Le garde de sécurité de sa résidence affirme avoir appelé Pistorius juste après les coups de feu. Il soutient que l'accusé lui a répondu "tout va bien". La ligne a ensuite été coupée, et Pistorius a rappelé quelque temps après pour demander de l'aide. La défense, produisant des relevés des appels téléphoniques, soutient au contraire que l'accusé a, le premier, appelé le garde et a déclaré "Je vais bien". Mis sous pression par l'avocat du sportif, le garde de sécurité a maintenu sa version.

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