VIVRE
11/03/2014 12:16 EDT | Actualisé 29/01/2016 03:45 EST

Profession: marieuse!

Caiaimage/Sam Edwards via Getty Images

S’il y a une profession qui pique l’intérêt et est résolument d’actualité (il y aurait 1,7 million de célibataires au Québec dont la moitié vivent à Montréal), c’est décidément celui de « matchmaker ».

Mais qu’est-ce qu’un «matchmaker», en réalité?

Tout d’abord, il y a les agences de rencontres traditionnelles, les réseaux de rencontres en ligne et pour terminer, les «matchmakers».

Le «matchmaker», s’il était un vêtement, serait un peu l’équivalent de l’habit taillé sur mesure. Je m’explique. Les entremetteurs s’assurent que leurs membres répondent à des critères de sélection rigoureux : n’y entre pas qui y veut!

Natacha Noël, diplômée du Matchmaking Institute de New York et fondatrice du Club Célibataire Absolu affirme que son processus de sélection comprend une entrevue en personne afin de s’assurer que la personne est équilibrée, sérieuse et sincère dans sa démarche visant à rencontrer l’âme sœur. Les membres doivent ensuite rédiger une liste de critères non négociables (valeurs, style de vie, religion, éducation, etc.). Une fois les besoins du membre cernés, le matchmaker consultera sa base de données afin de voir si une personne risque de constituer un match intéressant.

Entretemps, un véritable branle-bas de combat se met en place… C’est que Mme Noël approche globalement ses membres. Au menu? Session de coaching pour la première rencontre amoureuse, visite à domicile afin de mieux comprendre qui son membre payant est vraiment, son mode de vie. « Parfois, je dis à mes clients masculins que leur domicile pourrait bénéficier d’une petite touche de féminité », raconte cette dernière.

Aussi, on prête une attention particulière à leur image sur les réseaux sociaux : «Il m’arrive de dire à un client d’enlever telle ou telle photo de lui, par exemple une photo compromettante prise dans un bar en compagnie de deux serveuses» mentionne-t-elle. Autres services offerts au sein du Club Célibataire Absolu? Coaching relationnel, stylisme personnel, entraîneurs sportifs et sexologue, afin que les membres aient tous les outils disponibles afin d'être à leur summum.

Aux États-Unis, l’adhésion à ce type d’agences peut coûter jusqu’à 100 000$. Au Québec, à des années lumières du milieu fortuné new-yorkais par exemple, il en va plutôt de 1 000$ à 11 000$. La clientèle cible des agences de matchmaking est habituellement composée de professionnels, cependant on y retrouve de plus en plus de jeunes dans la vingtaine.

Les mythes? Ils sont tenaces. Clientèle workaholic qui ne trouve pas le temps de faire des rencontres. Physionomie moins avantagée que la moyenne. Hommes âgés- et très fortunés. Les faits eux, surprennent. Par exemple, plusieurs agences haut de gamme new-yorkaises comptent des mannequins parmi leur clientèle – de quoi insuffler une sérieuse dose de glamour à l’industrie du matchmaking. Par ailleurs, il y a beaucoup plus de jeunes membres que l’on ne le soupçonne.

Autre rectification : les individus désirant rencontrer un entremetteur ont des critères précis et des exigences particulières. Attention : ils savent exactement ce qu’ils recherchent. Souvent, il faut les raisonner. Un entremetteur doit user de beaucoup de psychologie auprès de ses clients en plus d’être un communicateur chevronné.

Le critère le plus populaire chez les femmes, en ce qui concerne la gent masculine? La grandeur. « Je leur explique que la grandeur n’est pas ce qui leur apportera du bonheur au quotidien. Si elles recherchent la longévité dans leur couple alors la grandeur n’est pas un élément important », signale Mme Noël.

Aussi, les hommes sont plus têtus que les femmes. Certains d’entre eux ont été trop difficiles et exigeants tout au long de leur vie et se retrouvent maintenant quinquagénaires, célibataires et désirant des enfants. Beaucoup d’entre eux désirent aussi un type de femme qui n’est pas nécessairement approprié à leur personnalité… Quelques sessions de coaching relationnel plus tard, et hop, les voilà de retour sur le bon chemin- et prêts à suivre les conseils de leur entremetteuse professionnelle.

Le processus de rencontre de l’âme soeur peut prendre des années tandis qu’en agence, le tout se déroule beaucoup plus rapidement. En faisant affaires avec un matchmaker, le client sera généralement assigné deux rencontres par semaines (pour lesquelles il devra acquitter tous les frais) et ce pendant l’entière durée du contrat –un contrat dure en moyenne six mois.

Chez le Club Célibataire Absolu, c’est Natacha elle-même qui planifie la première rencontre amoureuse; ainsi, le lieu (incluant le niveau sonore et éclairage) sera judicieusement choisi.

Et au final, le «matchmaking», ça fonctionne ou non?

Natacha affirme que depuis l’existence de sa jeune entreprise, soit un peu moins de deux ans, un seul de ses membres n’a pas trouvé la perle rare et cela est dû à un départ transatlantique.

Et qu’en est-il de la matchmaker elle-même, car après tout, qui n’a jamais entendu le célèbre l’adage du « cordonnier mal chaussé »? Dans ce cas-ci, notre entremetteuse est une femme comblée, et ce, depuis plusieurs années.

Bref, voilà de quoi faire réfléchir longuement ceux qui en ont marre de chercher l’âme sœur par des moyens plus…traditionnels!

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