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11/03/2014 04:09 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

PKP reçoit l'appui de ténors souverainistes

Une douzaine d'anciens politiciens indépendantistes saluent l'arrivée en politique de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau, qui se présente pour le Parti québécois dans la circonscription de Saint-Jérôme aux élections du 7 avril, et font valoir qu'il n'est pas nécessaire que celui-ci vende ses actions de Québecor pour siéger à l'Assemblée nationale.

La lettre, signée notamment par les anciens premiers ministres Jacques Parizeau et Bernard Landry, reconnaît que la candidature de M. Péladeau soulève « des inquiétudes bien légitimes ». Ses auteurs rappellent cependant que le principal intéressé « a quitté toutes ses fonctions » et qu'il « s'est engagé à placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard et à respecter les lignes directrices du code d'éthique de l'Assemblée nationale ».

« Pour ce qui est des professionnels de l'information, il nous semble que laisser entendre qu'ils ne seraient pas en mesure d'agir en toute objectivité fait peu de cas de leur

professionnalisme », ajoutent-ils, reprenant presque mot pour mot les propos tenus par la chef péquiste Pauline Marois mardi après-midi à Bécancour.

Les signataires de la lettre ne croient pas, contrairement à plusieurs, que M. Péladeau doive se départir de ses actions de Québecor pour faire le saut en politique. « Exiger de Pierre Karl Péladeau qu'il vende ses parts d'une entreprise fondée par son père nous semble excessif, d'autant plus qu'un tel scénario déboucherait sans doute sur la perte de contrôle, par le Québec, d'un fleuron de notre industrie culturelle et par le fait même, du siège social d'une entreprise à l'importance vitale », écrivent-ils, invitant les Québécois « à faire confiance aux institutions ».

En entrevue à ICI RDI mardi après-midi, Bernard Landry a nié être en mission commandée par le Parti québécois, disant avoir eu comme seul interlocuteur l'ancien chef bloquiste Gilles Duceppe. Il a répété que, selon lui, une fiducie sans droit de regard représentait une garantie suffisante contre l'influence indue que pourrait exercer Pierre Karl Péladeau une fois au pouvoir, ajoutant que le principal intéressé serait « sous surveillance comme nul autre de la part des journalistes et de l'opposition ».

Ont signé le texte :

Depuis que la candidature de M. Péladeau a été annoncée, dimanche, la Coalition avenir Québec, le Parti libéral du Québec et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, entre autres, ont demandé au candidat péquiste dans Saint-Jérôme de faire un choix entre ses intérêts dans Québecor et son désir de se joindre au Parti québécois.

« S'il veut faire de la politique, qu'il vende ses actions », a soutenu le chef libéral Philippe Couillard mardi matin. C'est un choix à faire. À cause de la nature de l'entreprise. La nature de l'entreprise, c'est 40 % des médias du Québec. C'est la circulation d'une information indépendante, particulièrement durant en campagne électorale. »

Le chef caquiste François Legault en a remis mardi après-midi, soupçonnant le magnat de la presse de se garder une porte de sortie. « Je trouve ça malheureux pour les journalistes de Québecor de les placer dans une situation où Pierre Karl Péladeau dit : "Moi, ça se peut que je redevienne patron de Québecor". (...) Imaginez-vous les dirigeants actuels de Québecor, que Pierre Karl connaît très bien. S'il y a quelqu'un qui parle contre Pierre Karl, est-ce qu'il ne risque pas d'avoir un petit appel? », s'est demandé M. Legault.

Rempart supplémentaire

Par ailleurs, le Conseil de presse du Québec a transmis un communiqué mardi après-midi exhortant Québecor à réintégrer ses rangs.

L'organisme, qui agit comme système d'autorégulation de la presse québécoise, estime que cette décision permettrait d'offrir au public québécois « des garanties supplémentaires quant à l'inviolabilité de l'indépendance des salles de nouvelles de ses différents médias ».