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11/03/2014 10:22 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Manipulation des changes: "aussi grave que le Libor, si ce n'est plus" (Carney)

L'affaire des manipulations présumées du marché des changes pourrait être "aussi grave que le Libor, si ce n'est plus", a estimé mardi le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, qui a défendu la banque centrale devant une commission parlementaire.

"C'est extrêmement grave (...) c'est aussi grave que (l'affaire de la manipulation du taux interbancaire) Libor, si ce n'est plus (...) car cela atteint le coeur de l'intégrité des marchés", a déclaré le Canadien, qui a rappelé que Londres et sa City représentaient 40% des échanges de devises.

Durant son audition par la commission du Trésor du Parlement britannique, M. Carney a réaffirmé que la banque centrale, qui a annoncé la semaine dernière la suspension d'un employé dans le cadre de son enquête sur cette affaire, n'avait aucun élément permettant d'établir qu'elle avait fermé les yeux sur de telles manipulations.

"Nous n'avons aucune information suggérant que quelqu'un à la Banque d'Angleterre ait fermé les yeux sur des manipulations de marché, facilité ou participé à des manipulations de marché", a-t-il martelé.

Selon plusieurs médias, des responsables de la BoE avaient appris que des cambistes avaient pour habitude d'échanger des informations sur les ordres de leurs clients avant la fixation de taux de référence et leur auraient assuré que ces pratiques n'enfreignaient aucune réglementation.

Alors que la Banque d'Angleterre se retrouve sous pression dans cette affaire, M. Carney a indiqué que la banque centrale, qui planche depuis plusieurs mois sur son plan stratégique, allait annoncer "une série de mesures qui vont renforcer les meilleurs aspects de la culture de la Banque d'Angleterre".

La Banque compte en particulier créer un quatrième poste de vice-gouverneur, chargé des marchés financiers et du secteur bancaire, a révélé M. Carney.

L'Autorité de conduite financière (FCA) britannique avait indiqué au printemps avoir débuté une enquête sur des manipulations présumées de l'énorme marché des changes. Les investigations se sont depuis étendues à d'autres pays, notamment à la Suisse et aux États-Unis.

Plusieurs grandes banques ont suspendu des cambistes dans le cadre de cette affaire. Le directeur général de la FCA, Martin Wheatley, avait lui aussi récemment estimé que cette affaire pourrait être aussi grave que celle du Libor.

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