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11/03/2014 08:29 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Maaloula: 25 prisonniers syriens relâchés contre les religieuses (régime)

La Syrie a relâché seulement 25 prisonniers et non 150 comme il avait été dit, en échange des religieuses enlevées début décembre à Maaloula par des jihadistes, a affirmé le ministre de l'Information Omrane al-Zohbi.

Selon des médiateurs et l'opposition, la libération des 13 religieuses et de leurs trois auxiliaires a été obtenue en échange de la remise en liberté de 150 prisonnières détenues par le régime syrien.

"Il n'y a pas plus de 25 personnes qui ont été libérées en contrepartie de la libération des religieuses de Maaloula et il s'agit de personnes qui n'ont pas de sang du peuple syrien sur les mains", a indiqué l'agence officielle Sana, citant M. Zohbi.

"Tout ce qui a été dit sur cette question n'est pas exact et a été exagéré", a-t-il assuré.

Ces déclarations contredisent les commentaires faits par le chef de la sûreté générale libanaise et médiateur-clef de cet échange, Abbas Ibrahim, qui avait confirmé que l'accord pour la libération des religieuses "impliquait la remise en liberté de plus de 150 personnes".

Des opposants proches de l'opération d'échanges avait dit lundi à l'AFP que "141 prisonnières ont été libérées hier (dimanche), et qu'un nombre non spécifié d'hommes avaient été libérés, en échange des religieuses et de leurs auxiliaires.

Le ministre a également nié "tout contact direct ou indirect avec le Qatar", l'un des principaux soutiens de la rébellion syrienne.

"L'opération (..) s'est déroulée sans aucun contact direct ou indirect entre la Syrie et le Qatar", a-t-il affirmé.

Ces déclarations surviennent après que des sympathisants du président Bachar al-Assad ont exprimé leur grand mécontentement de l'opération d'échanges, et que des médias pro-régime et des militants ont fulminé contre les religieuses.

Après leur libération, une des religieuses a assuré qu'elle et ses compagnes avaient été "bien" traitées pendant leur captivité.

Le Front Al-Nosra "nous donnait tout ce qu'on demandait" et "personne ne nous a importunées", a-t-elle déclaré, démentant des rumeurs selon lesquelles les ravisseurs auraient obligé les religieuses à ôter leurs croix.

Ces déclarations contredisent celles du régime décrivant les rebelles comme des "terroristes".

Les 13 religieuses et leurs trois auxiliaires avaient été enlevées le 3 décembre dans leur couvent de Maaloula, localité chrétienne au nord de Damas. Elles étaient depuis détenues à Yabroud, bastion rebelle près de la frontière libanaise, par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

"J'aimerais rappeler qu'au début des évènements à Maaloula (en décembre), l'armée syrienne a tenté de sortir les nonnes mais elles ont refusé car elles avaient de bonnes relations avec les hommes armés (rebelles)", a dit l'un des militants pro-régime sur Facebook.

Un présentateur des informations sur la chaîne Sama (pro-régime) a accusé lundi les religieuses de "tromperie, ou au moins de s'être placées loin de la nation", qualifiant leurs déclarations après leur libération de "choquantes et blessantes".

Depuis le début de la révolte anti-Assad en mars 2011, le régime s'est présenté comme "le protecteur des minorités" religieuses et ethniques.

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