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11/03/2014 01:18 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

L'UNICEF s'inquiète du sort des enfants syriens après trois ans de conflit

BEYROUTH - Le nombre de jeunes Syriens touchés par la guerre civile sur leur terre natale a doublé au cours de la dernière année pour atteindre au moins 5,5 millions, soit plus de la moitié des enfants du pays, le conflit ayant des conséquences néfastes sur la santé, l'éducation et le bien-être psychologique d'une génération entière, a déclaré le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), mardi.

La crise, qui amorcera sa quatrième année ce mois-ci, a causé bien des souffrances à l'ensemble de la population syrienne, mais son impact sur les enfants est particulièrement grave, selon un nouveau rapport de l'UNICEF. La malnutrition et la maladie ont freiné leur croissance, la fermeture des écoles a mis en péril leur éducation et le traumatisme de la guerre les a profondément marqués.

D'après l'agence onusienne, la Syrie est l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les enfants. Dans son rapport, elle affirme que des milliers de petits Syriens ont été tués, ou estropiés, ou spoliés de l’essentiel de leur enfance, en plus d'avoir perdu leurs salles de classe et leurs enseignants, leurs frères et soeurs, leurs amis, ceux qui s’occupaient d’eux, leurs foyers et leur stabilité.

L'UNICEF prévient que ces millions de jeunes personnes risquent de devenir une génération perdue.

Depuis le début de la guerre en Syrie, des milliers de vidéos et de photographies de bébés ensanglantés, de cadavres d'enfants et d'écoles détruites par les bombardements ont montré les sérieuses conséquences du conflit sur la jeunesse syrienne. Mais les chiffres fournissent une preuve encore plus saisissante de l'effet de la crise sur ces jeunes existences.

Selon l'UNICEF, plus de 10 000 enfants ont perdu la vie en raison de la violence, soit plus que dans tous les conflits récents à avoir secoué la région. Parmi ceux qui ont survécu, des milliers ont été blessés, ont perdu leur maison et leur école, et assisté à la mort de membres de leur famille et d'amis. L'agence onusienne affirme qu'à la suite de ces événements traumatisants, environ 2 millions d'enfants syriens ont besoin de soutien psychologique.

Près de 3 millions de jeunes Syriens ont également été déplacés sur le territoire de la Syrie alors que 1,2 million d'autres ont fui le pays et vivent maintenant dans des camps de réfugiés ou des communautés où l'eau potable, la nourriture et d'autres produits de base se font très rares.

Sur le plan de l'éducation, l'UNICEF indique que la moitié des enfants syriens d'âge scolaire, soit quelque 2,8 millions, ne peuvent s'instruire en raison de la destruction et de la violence provoquées par la guerre.

Plus de 2 millions d'entre eux se trouvent toujours en Syrie, où les systèmes d'éducation et de santé se sont effondrés et où les salles de classe ont été bombardées ou réquisitionnées par les militaires. Environ 300 000 autres écoliers syriens sont réfugiés au Liban, 93 000 en Jordanie, 78 000 en Turquie, 26 000 en Irak et 4000 en Égypte sans possibilité de poursuivre leurs études, d'après l'agence onusienne.

Plusieurs ont été forcés de grandir rapidement: un enfant syrien réfugiés sur 10 est maintenant sur le marché du travail, estime l'UNICEF, alors qu'une jeune Syrienne sur cinq doit se soumettre à un mariage précoce. En Syrie, les garçons de 12 ans et plus ont été recrutés par les rebelles, certains comme combattants et d'autres pour jouer un rôle de soutien, précise le rapport.

Le conflit syrien a commencé en mars 2011 par des manifestations majoritairement pacifiques contre le président Bachar el-Assad. Devant la répression brutale du gouvernement, les protestataires ont toutefois fini par prendre les armes et le pays a sombré dans une guerre civile qui a fait plus de 140 000 morts jusqu'à maintenant.

Deux séries de pourparlers de paix tenus en Suisse plus tôt cette année entre les représentants du régime Assad et le principal groupe d'opposition de la Syrie se sont terminés sans qu'aucun progrès n'ait été réalisé. Aucune autre séance de négociation n'est prévue pour le moment alors que, sur le terrain, les combats se poursuivent.