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11/03/2014 07:41 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Libre-échange avec la Corée : l'Ontario « très inquiet »

Le gouvernement ontarien presse Ottawa de renforcer l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud, afin de mieux protéger son importante industrie automobile.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a annoncé à Séoul, en compagnie de son homologue coréen, la conclusion de l'entente, après neuf ans de négociations.

Or, l'Ontario craint que cet accord mène à une augmentation subite et marquée des importations de véhicules coréens, des constructeurs Kia et Hyundai par exemple.

Le ministre ontarien du Développement économique, Eric Hoskins, appréhende que la période d'élimination des tarifs douaniers acceptée par le gouvernement fédéral « ne donne pas à notre secteur le temps dont il a besoin pour s'adapter ».

Le Canada a accepté d'éliminer d'ici trois ans le tarif douanier de 6,1 % qu'il imposait aux véhicules légers sud-coréens. L'Ontario demandait que ces tarifs soient estompés sur la plus longue période possible mais, finalement, l'élimination se fera sur une période plus courte que les cinq ans qu'ont eus les États-Unis et les sept ans qu'a eus l'Union européenne pour les abolir.

En revanche, les conservateurs fédéraux soulignent que Séoul a accepté de supprimer ses tarifs douaniers pour les produits automobiles canadiens dès l'entrée en vigueur de l'accord.

Quoi qu'il en soit, le ministre Hoskins est « déçu » qu'Ottawa n'ait pas pu négocier une « disposition de rétablissement », comme celle obtenue par les États-Unis, qui lui aurait permis de rétablir des tarifs douaniers dans le cas où la Corée du Sud imposerait des barrières déguisées, telles que des normes de sécurité extraordinaires pour les véhicules assemblés au Canada.

Faute de protections supplémentaires pour l'industrie canadienne de l'auto, l'Ontario demande à Ottawa de former un groupe de travail qui présenterait des rapports mensuels, « ce qui permettrait à notre gouvernement d'instaurer rapidement des mesures de protection, le cas échéant ».

De son côté, Jerry Dias, le président national du syndicat Unifor, qui représente notamment les travailleurs de l'auto en Ontario, appréhende la perte de 30 000 emplois dans le secteur manufacturier, en particulier celui de l'automobile.

Bonnes nouvelles

Cela dit, le ministre Hoskins affirme que l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud « contient des mesures positives qui ouvriront de nouveaux marchés à divers secteurs, notamment ceux de l'agriculture et de la transformation des aliments ».

La province est présentement désavantagée de ce côté puisqu'elle fait concurrence à des producteurs américains et européens qui ont déjà une entente de libre-échange avec la Corée.

Les producteurs de porc et de boeuf de l'Ontario espèrent ainsi faire une percée dans un nouveau marché.