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11/03/2014 11:56 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Les PM du Canada et de la Corée du Sud annoncent un accord de libre-échange

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper et son homologue sud-coréen ont annoncé, tôt mardi, la conclusion d'un accord de libre-échange qu'Ottawa qualifie de «percée majeure pour les exportateurs canadiens en Asie», mais qui risque, selon certains opposants, d'avoir des conséquences néfastes sur l'industrie automobile de l'Ontario.

Cette annonce met fin à près d'une décennie de négociations souvent interrompues, et constitue, pour le Canada, une première entente de libre-échange avec un pays asiatique, une région qualifiée par le gouvernement conservateur d'essentielle pour la santé économique du pays.

Une fois en vigueur, l'accord éliminera pratiquement tous les tarifs douaniers entre les deux pays, la Corée du Sud s'étant engagée à en abolir 81,9 pour cent dès le premier jour de son application, tandis que le Canada a promis d'en retirer 76,4 pour cent. D'autres droits de douane nécessiteront des dizaines d'années avant d'être complètement retirés.

Les autorités ont affirmé que l'entente était finale, qu'elle entrerait en vigueur d'ici un an et qu'il ne s'agit pas d'un accord de principe, à l'instar de celui récemment conclu entre Ottawa et l'Union européenne. Cet accord ne requiert pas non plus l'approbation des provinces.

Dans un communiqué, le premier ministre Harper souligne que les entreprises canadiennes, les investisseurs et les consommateurs de toutes les provinces profiteront de cette entente grâce à l'accès accru au marché (asiatique) qu'elle offre.

Ceux qui profiteront le plus de cet accord devraient être les agriculteurs — et plus particulièrement les producteurs bovins et porcins —, l'industrie forestière et les exportateurs de fruits de mer.

Les constructeurs automobiles de l'Ontario risquent toutefois d'en souffrir, alors que la taxe de 6,1 pour cent sur les exportations coréennes des véhicules Hyundai et Kia sera graduellement éliminée au cours des deux années suivant l'entrée en vigueur de l'accord.

L'Ontario avait demandé à Ottawa d'exiger à tout le moins une entente similaire à celle obtenue par les États-Unis, et qui prévoit un retrait des tarifs douaniers sur une période de cinq ans. Washington s'est également assuré d'inclure une clause de retrait autorisant le retour aux droits de douane dans l'éventualité où Séoul utiliserait des barrières non tarifaires pour contrecarrer les exportations d'automobiles au pays. Mais l'accord canadien ne prévoit rien à ce chapitre.

Lundi, la première ministre ontarienne Kathleen Wynne, au fait des détails de l'entente, avait fait part de ses sentiments mitigés par rapport à l'accord.

«En matière de secteur agro-alimentaire, nous sommes très optimistes par rapport aux occasions d'affaire que l'accord Canada-Corée pourrait offrir. Mais nous avons des réserves à propos du secteur automobile», avait-elle mentionné.

Des documents fournis par le gouvernement fédéral indiquent toutefois que les dommages seraient limités à 0,2 pour cent de la production de l'industrie automobile de l'Ontario, soit 4500 véhicules par année. On y souligne également que 88 pour cent des voitures fabriquées au Canada sont destinées à l'exportation.

Ottawa estime aussi que les fabricants automobiles seront en mesure d'augmenter leurs exportations, alors qu'ils demeurent très peu présents en Corée à l'heure actuelle, et rappelle les exemples de l'Union européenne et des États-Unis, dont les exportations ont doublé dans les années qui ont suivi l'adoption de leur accord respectif.