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11/03/2014 01:05 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Lac-Mégantic: Ottawa doit payer seul la voie de contournement, dit Marois

NOTRE-DAME-DES-BOIS, Qc - La chef péquiste Pauline Marois a déclaré mardi que le gouvernement fédéral devra assumer la totalité des coûts pour le déplacement d'une voie ferrée qui traverse actuellement la municipalité de Lac-Mégantic.

Mme Marois a affirmé que le coût exact de cette nouvelle voie, qui contournerait la municipalité, est encore inconnu.

Mais selon la chef péquiste, qui a fait un arrêt dans la région où un convoi de wagons citernes s'est enflammé l'été dernier, tuant 47 personnes, la somme nécessaire pourrait aller jusqu'à 175 millions $.

Mme Marois, qui a présenté sa candidate Isabelle Hallé dans la circonscription de Mégantic, propose toutefois d'aider la communauté à établir le coût réel.

Ottawa a déjà accepté de partager les coûts également avec Québec pour l'aide à Lac-Mégantic, mais Mme Marois croit que le gouvernement fédéral doit assumer totalement la construction de la voie de contournement.

«Nous nous tournerons vers Ottawa car il reste que c'est de leur responsabilité, le transport ferroviaire», a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

La chef péquiste a estimé que même l'aide à la municipalité aurait dû être défrayée en totalité par Ottawa mais que son gouvernement a accepté un partage.

«On a partagé la facture sur les coûts reliés à la tragédie de Lac-Mégantic, maintenant pour le développement futur, dans le cas présent, ça (les voies ferroviaires) reste sous la responsabilité du fédéral», a-t-elle dit.

Québec et Ottawa se sont entendus le mois dernier pour partager les coûts pour soutenir la communauté éprouvée. Selon le ministère québécois de la Sécurité publique, cette somme pourrait aller jusqu'à 400 millions $.

Un porte-parole du cabinet du ministre fédéral de l'Infrastructure et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, a fait savoir que le lieutenant québécois des conservateurs au Québec ne souhaitait pas se mêler de l'élection en cours.

«Nous allons travailler avec le gouvernement que les Québécois éliront», a écrit Benoit Fortin dans un courriel qu'il a envoyé à La Presse Canadienne.

La candidature de Mme Hallé a suscité de la déception chez au moins un aspirant à la candidature, qui a été écarté par l'exécutif local à la demande de Mme Marois.

La chef péquiste a affirmé mardi que la décision avait été prise en collaboration avec l'exécutif péquiste de la circonscription de Mégantic, actuellement représentée par un député libéral, Ghislain Bolduc.

«Vous savez au Parti québécois, les gens ont beaucoup maturé depuis quelques années, c'est vraiment l'intérêt supérieur du Québec qui prime sur les intérêts individuels, a-t-elle dit. Ce n'est pas facile pour les gens d'accepter ça et je crois qu'ils ont été capables de le faire et je les en remercie.»

Directrice de la chambre de commerce locale, Mme Hallé a affirmé que la population locale fait confiance aux péquistes depuis leur gestion de la tragédie.

«On connaissait nos dossiers et on a fait bouger les choses et je ne veux rien enlever à mon collègue, M. Bolduc, a-t-elle dit. Mais c'est certain qu'on a été très présents et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de me lancer en politique, c'est pour continuer le travail qu'on a amorcé cet été sans relâche pour que les gens aient pleine compensation.»

Mme Hallé a tout de même écorché au passage son adversaire libéral, qui s'est fait élire la première fois au scrutin de 2012.

«Je ne dis pas que M. Bolduc ne nous a pas aidés. Peut-être que M. Bolduc a été moins présent qu'on l'aurait voulu», a-t-elle dit.