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11/03/2014 05:13 EDT | Actualisé 22/08/2014 12:16 EDT

La guerre en Syrie: victimes et drame humanitaire

Plus de 191.000 morts, des millions de personnes déracinées et un pays en ruines. Déclenchée il y a plus de trois ans, la révolte en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad s'est muée en une guerre dévastatrice.

La guerre a commencé en mars 2011 avec la répression de manifestations pacifiques anti-régime, provoquant une insurrection armée contre le pouvoir de Bachar al-Assad. Le conflit est ensuite devenu multiforme avec la montée en puissance de groupes étrangers, dont le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et les ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI).

VICTIMES

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Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a fait état vendredi de 191.369 cas documentés de personnes tuées entre mars 2011 et fin avril 2014, "soit plus du double" du nombre établi il y a un an (93.000), fustigeant la "paralysie internationale".

Le plus grand nombre de meurtres ont été enregistrés dans le gouvernorat de la périphérie rurale de Damas (39.393), suivi d'Alep (31.932), Homs (28.186), Idleb (20.040), Deraa (18.539) et Hama (14.690).

Mais d'après l'ONU, le chiffre des plus de 191.000 morts est sans doute une sous-estimation du nombre réel.

D'autre part, au moins un demi-million de personnes ont été blessées, selon les derniers chiffres fournis par la Croix-Rouge internationale, fin 2013.

Selon des avocats, des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des opposants connus, croupissent dans les prisons malgré une amnistie générale annoncée par le président Assad en juin.

D'après des militants, environ 100.000 personnes ont été emprisonnées depuis le début de la révolte et les services de sécurité de l'Etat détiennent probablement 50.000 autres personnes. Des ONG font état de tortures et d'exécutions sommaires dans les prisons du régime.

Quelque 6,6 millions d'enfants victimes du conflit ont besoin d'aide, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Selon une étude du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (novembre 2013), de nombreuses femmes ont été violées en prison, utilisées comme boucliers humains ou enlevées pour faire pression et humilier leur famille.

De son côté, l'EI sème la terreur dans les territoires qu'il contrôle, punissant ses ennemis par des décapitations, des crucifixions et des flagellations.

DRAME HUMANITAIRE - RÉFUGIÉS/DÉPLACÉS

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Le conflit a forcé près de la moitié de la population (22,8 millions d'habitants avant la guerre) à fuir leur foyer.

Selon le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés s'élève à près de 3 millions (chiffres du 21 août 2014).

La Turquie abrite 1,2 million de réfugiés, dont plus de 900.000 vivent sans assistance hors des camps (août 2014). Le Liban accueille quant à lui 1,1 million de personnes (juillet 2014) et la Jordanie plus de 600.000. Près de 220.000 Syriens ont fui vers l'Irak.

Selon le HCR, il y a aussi 6,5 millions de déplacés internes depuis le début du conflit.

L'ONU évalue à 4,7 millions le nombre de Syriens que les organisations humanitaires ont toujours du mal à atteindre parce qu'elles sont prises au piège des combats ou assiégées par les forces du régime ou de l'opposition.

DRAME HUMANITAIRE ET CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES

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La situation humanitaire a atteint un niveau "critique" selon l'ONU. Trois Syriens sur quatre vivent désormais dans la pauvreté et plus de la moitié (54,3%) dans l'extrême pauvreté, d'après un rapport publié fin mai. Quelque 20% de la population n'a plus les moyens de satisfaire ses besoins de base, et dans des régions assiégées, elle souffre de faim et de malnutrition.

61 des 91 hôpitaux publics ont été endommagés et près de la moitié (45%) sont hors service, tandis que 53 hôpitaux privés ont également été touchés.

Selon l'Economist Intelligence Unit, le PIB syrien atteindra 34 milliards de dollars en 2014, contre 60 milliards enregistrés en 2010.

Le montant des destructions dues à la guerre s'élève à quelque 31 milliards de dollars (officiel). Le pays a aussi vu sa production pétrolière s'effondrer de 96%, selon les autorités. Au cours des derniers mois, les jihadistes de l'EI ont pris le contrôle des principaux champs pétroliers dans la province de Deir Ezzor (est).

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