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11/03/2014 06:12 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

La Crimée fait un pas de plus vers la Russie

À quelques jours d'un référendum controversé sur le rattachement de la Crimée à la Russie, les membres du Parlement pro-russe de la Crimée déclarent la péninsule indépendante de l'Ukraine.

Selon un communiqué émis par le parlement, une déclaration d'indépendance de la république autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol a été adoptée par 78 voix sur 81.

Dans un communiqué, le Parlement de Crimée affirme s'être inspiré du processus de sécession du Kosovo qui a proclamé unilatéralement son indépendance de la Serbie, en 2008.

La semaine dernière, les membres du Parlement de Crimée, actuellement occupée par des dizaines de milliers de miliciens et de soldats russes, ont adopté à l'unanimité une motion réclamant l'annexion de leur territoire à la Russie.

Si les tenants d'une annexion remportent le référendum du 16 mars, la Crimée sera déclarée « État indépendant et souverain avec une forme républicaine de gouvernement », indique le communiqué.

Le Parlement s'adressera ensuite à la Fédération de Russie pour que la Crimée y soit admise.

Le gouvernement russe a déclaré pour sa part qu'il examinera un possible rattachement de la Crimée à son territoire lors d'une assemblée, le 21 mars prochain.

La loi russe actuelle permet le rattachement d'un territoire, à condition que le pays étranger auquel appartenant cette région donne son accord. Dans le contexte actuel, la Crimée ne pourrait donc pas rejoindre la Russie. La Douma examinera un amendement à cette loi.

Fermeture de l'espace aérien

Déterminée à poursuivre ses démarches d'indépendance, la Crimée a annoncé mardi la fermeture de son espace aérien en prévision du référendum de dimanche.

Désormais, seuls les vols en provenance de Moscou sont autorisés à se poser en Crimée.

« C'est inacceptable » - John Baird

« On va travailler avec nos alliés; les États-Unis, l'Union européenne pour travailler ensemble afin d'envoyer un message à la Russie que leur action militaire n'est pas quelque chose d'acceptable en 2014 », a déclaré le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, en entrevue à RDI. M. Baird souligne qu'il est « absolument inacceptable » de tenir un référendum avec seulement 10 jours d'avis et en l'absence d'observateurs internationaux.

« On ne voit aucun changement dans la position du gouvernement Poutine, à Moscou, déplore M. Baird. Les représentants de la Russie disent qu'il n'y a pas d'opération militaire, que ce sont seulement des activistes militaires de l'Ukraine, mais ce n'est pas le cas. »

M. Baird précise que les alliés de l'Ukraine continuent de tenir des réunions afin d'explorer de possibles sanctions à imposer à la Russie. « Aucune décision n'a toutefois encore été prise », a conclu le ministre canadien.

Kiev menace de dissoudre le Parlement de Crimée

À Kiev, le gouvernement intérimaire a rejeté cette déclaration d'indépendance proclamée par un parlement que le pouvoir ukrainien considère illégal.

Le parlement ukrainien a aussi répondu à cette déclaration d'indépendance en menaçant de dissoudre l'assemblée de la République autonome de Crimée si elle ne renonce pas d'ici mercredi à la tenue de ce référendum.

L'Ukraine met sur pied une garde nationale

Le gouvernement ukrainien a aussi annoncé la création d'une garde nationale afin de protéger la Crimée d'une possible annexion russe et le territoire ukrainien.

Le président intérimaire, Oleksander Tourtchinov, a déclaré que l'armée devait être « remise sur pied à partir de pratiquement rien » après des années de négligence par le gouvernement de Viktor Ianoukovitch.

Le ministère de la Défense évalue à 6000 le nombre de soldats ukrainiens aptes au combat, alors que 20 000 soldats russes sont postés sur les frontières entre les deux pays.

La Garde nationale sera gérée par le ministère de l'Intérieur et elle sera chargée de « défendre les citoyens vis-à-vis des criminels et face à une agression intérieure ou extérieure ». Les réservistes, les anciens combattants et les volontaires seront mobilisés, a précisé le président.

Menace de sanctions contre Moscou

Pendant ce temps, le bras de fer entre Moscou et l'Ukraine se poursuit.

Mardi, le premier ministre ukrainien intérimaire, Arseni Iatseniouk, a accusé la Russie de mettre en péril la sécurité mondiale avec son incursion militaire en Crimée.

Moscou affirme avoir obtenu la permission d'intervenir militairement en Ukraine afin de protéger les minorités russophones du pays, particulièrement présentes en Crimée, où se trouve également une importante base navale de l'armée russe.

M. Iatseniouk a rappelé que l'Ukraine est toujours prête à tenir des négociations « transparentes » avec la Russie pour régler leurs différends et bâtir une nouvelle relation qui reconnaît l'indépendance et l'intégrité territoriale de Kiev.