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11/03/2014 03:37 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

La CIA accusée d'espionner le Congrès

La CIA est accusée d'avoir fouillé des ordinateurs utilisés par des enquêteurs parlementaires pour y supprimer des documents relatifs au programme d'interrogatoire musclé de l'agence américaine d'espionnage.

Les accusations ont déclenché une bagarre publique rare entre le Congrès et la CIA, qui se retrouve mardi au centre d'un scandale politique aux États-Unis.

Les rumeurs s'amplifiaient depuis plusieurs jours sur la surveillance supposée par la CIA d'ordinateurs utilisés par des enquêteurs de la commission du Renseignement, qui a ouvert une enquête en 2009 sur le programme d'interrogatoire de la CIA, notamment sur la technique de simulation de noyade, durant les années Bush.

Mardi, la sénatrice Dianne Feinstein, présidente de la commission, a non seulement confirmé certaines de ces allégations, mais elle a accusé la CIA d'avoir supprimé des documents compromettants en accédant sans autorisation aux ordinateurs des collaborateurs parlementaires.

« Je suis très inquiète, la fouille de la CIA pourrait bien avoir violé le principe de séparation des pouvoirs incarné dans la Constitution américaine, y compris la liberté d'expression et de débat », a-t-elle déclaré lors d'un discours virulent et minutieusement détaillé de plus de 30 minutes.

La CIA rejette les accusations

Le directeur de la CIA, John Brennan, a pour sa part nié avoir cherché à faire obstacle à l'enquête du Sénat, sans toutefois commenter les faits en détail.

En 2010, environ 900 pages de documents ont disparu des dossiers des enquêteurs du Sénat, qui ont eu accès à 6 millions de pages de documents fournis par la CIA.

Après avoir nié, la CIA a finalement reconnu que certains de ses membres étaient responsables des vols, et a promis de ne plus recommencer.

Pourtant, en janvier dernier, le directeur de l'agence d'espionnage a informé la commission que la CIA avait « fouillé » les ordinateurs, provoquant la fureur des élus.

Parmi les fichiers sensibles supprimés : un mémorandum secret du nom de l'ancien directeur de la CIA Leon Panetta qui, selon la commission, contredit la position officielle de la CIA sur les interrogatoires musclés.

L'affaire a été transmise au département de la Justice, a révélé la sénatrice Dianne Feinstein.

Le président Barack Obama a dit, via le porte-parole de la Maison-Blanche, qu'il avait une « grande confiance » en John Brennan.