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11/03/2014 12:41 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Jour 7: Couillard propose des supercliniques pour désengorger les urgences

QUÉBEC - Le chef libéral Philippe Couillard propose de créer 50 supercliniques et de former 2000 superinfirmières pour désengorger les urgences et accélérer l'accès aux soins. S'il prend le pouvoir, il s'engage aussi, contrairement au gouvernement péquiste, à éviter la confrontation avec les médecins en renonçant à étaler sur une plus longue période le milliard de dollars d'augmentations salariales consenti aux médecins pour les deux prochaines années.

De passage à Trois-Rivières, mardi, il s'est aussi engagé, comme le gouvernement péquiste, à réviser en profondeur le mode de financement du réseau de la santé, qui serait basé dorénavant sur le volume de soins prodigués (selon le principe: «l'argent suit le patient»), et à diminuer la bureaucratie.

La santé était au coeur du débat en ce septième jour de campagne électorale, alors que de son côté Québec solidaire proposait plutôt comme solution d'allonger les heures d'ouverture des CLSC, qui deviendraient ainsi le pivot des services de première ligne du réseau de la santé. Cela se traduirait par un investissement de 400 millions $ en cinq ans et l'embauche de 800 professionnels de la santé.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a plutôt choisi de s'attaquer à la culture de l'intimidation associée au milieu syndical.

Dans ses 100 premiers jours, un gouvernement caquiste adopterait des lois pour obliger les syndicats à divulguer leurs états financiers, à instaurer le vote secret et à empêcher les regroupements de travailleurs d'utiliser les cotisations à d'autres fins que la représentation syndicale.

Il serait dorénavant hors de question, par exemple, que les syndicats nolisent des autocars afin que leurs membres prennent part à des rassemblements politiques.

M. Legault a dit qu'il n'avait pas peur des syndicats. «Je ne vais pas me mettre à genoux parce que j'ai peur de leur réaction. À un moment donné, là, il faut défendre l'intérêt commun», a-t-il fait valoir.

Sans surprise, les milieux syndicaux ont unanimement rejeté ces mesures, n'y voyant rien d'autre qu'une tentative de museler les syndicats et de les empêcher de participer à la vie démocratique

Pendant ce temps, la chef péquiste Pauline Marois a dit vouloir stimuler l'industrie touristique, en proposant des crédits d'impôt renouvelables pour moderniser l'offre d'hébergement touristique en région.

Elle a également promis la mise en place d'une stratégie de développement de pôles touristiques forts, qui mettra l'accent sur le tourisme hivernal, le tourisme de nature et d'aventure, culturel et événementiel.

De la promotion touristique à celle de la souveraineté, il n'y a qu'un pas, aux yeux de la chef péquiste, convaincue qu'un Québec indépendant n'aurait pas de frontières.

«Ça ne changera pas nos paysages, ça c'est sûr, a-t-elle dit en riant. On pourra continuer à aller voir les Rocheuses du côté de l'Ouest du pays et aller à l'Île-du-Prince-Édouard et ils pourront continuer à venir chez-nous, il n'y aura pas de frontières et il n'y aura pas de péage.»

Mme Marois a ensuite reconnu qu'un Québec indépendant disposerait de plus de latitude et de liberté, mais elle n'a pas voulu préciser ses propos sur les frontières.

Elle a aussi a déclaré que le gouvernement fédéral devra assumer la totalité des coûts pour le déplacement d'une voie ferrée qui traverse actuellement la municipalité de Lac-Mégantic.

Mme Marois a affirmé que le coût exact de cette nouvelle voie, qui contournerait la municipalité, est encore inconnu. Mais selon la chef péquiste, qui a fait un arrêt dans la région où un convoi de wagons citernes s'est enflammé l'été dernier, tuant 47 personnes, la somme nécessaire pourrait aller jusqu'à 175 millions $.

Mais selon le chef libéral Philippe Couillard, le Parti québécois devrait cesser de parler de l'avenir du Québec et d'un possible référendum sur la souveraineté, parce qu'il fait mal au Québec à chaque fois.

«Chaque fois qu'il (le PQ) s'agite comme actuellement pour faire entrevoir un référendum, le Québec en sort affaibli», a-t-il estimé.

La souveraineté du Québec détruirait le Canada, selon sa conception des choses, car la province constitue une «partie essentielle» du pays. Le «caractère distinct» du Québec fait partie de ce qui rend le Canada si intéressant partout dans le monde, a-t-il plaidé.

Il a répété que s'il est élu premier ministre il ne s'engagera pas dans des pourparlers constitutionnels si les revendications traditionnelles du Québec n'y figurent pas.

«Ce sera mon devoir historique comme premier ministre du Québec», a-t-il dit.

La tempête provoquée dimanche par l'annonce de la candidature du magnat de la presse Pierre Karl Péladeau dans Saint-Jérôme, pour le Parti québécois, a convaincu un groupe de 12 personnalités souverainistes de signer une lettre d'appui au candidat controversé, pressé par ses opposants de vendre toutes ses actions dans son empire Québecor pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.

La lettre aligne les noms des anciens premiers ministres Jacques Parizeau et Bernard Landry, l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe, l'ex-ministre Lise Payette et deux ex-présidents de la CSN, Gérald Larose et Marc Laviolette.

Les signataires soutiennent qu'on ne peut exiger de Pierre Karl Péladeau qu'il vende ses parts d'une entreprise fondée par son père, ce qui leur «semble excessif». D'après eux, «un tel scénario déboucherait sans doute sur la perte de contrôle, par le Québec, d'un fleuron de notre industrie culturelle et par le fait même, du siège social d'une entreprise à l'importance vitale».