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11/03/2014 09:17 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Jake Gyllenhaal s'acquitte d'une double tâche dans «Enemy» de Denis Villeneuve

TORONTO - Le thriller existentiel «Enemy» («Ennemi») du réalisateur québécois Denis Villeneuve, dans lequel l'acteur américain Jake Gyllenhaal joue deux hommes physiquement identiques pris dans une intense bataille psychologique, est loin d'être un film facile.

C'est une oeuvre étrange, sombre et difficile. En plein dans les cordes de la vedette de «Brokeback Mountain» («Souvenirs de Brokeback Moutain»).

«Beaucoup de gens diraient: 'Eh, je veux quelque chose de plus sûr'», a déclaré Jake Gyllenhaal lors d'un récent passage à Toronto pour donner une série d'entrevues en compagnie de Denis Villeneuve.

«Je crois que cela est fréquent lorsque leur carrière prend un certain envol. Ou qu'ils pensent: 'J'ai besoin de quelque chose de plus sûr parce que cela doit fonctionner'. Mais je crois que l'envie d'explorer et de faire de l'art, cette connexion que l'on ressent avec nos collègues, est beaucoup plus importante que le fait que quelque chose doit fonctionner ou non.

«Et je pense que, si l'on croit vraiment en notre projet et que l'énergie est à la bonne place, ça va fonctionner. Je crois que c'est le cas avec ce film. C'était peut-être un risque, mais ce n'en était pas un connaissant la dévotion et le talent de la personne à la barre.»

Cette personne est bien sûr Denis Villeneuve, dont le long métrage «Incendies» lui a valu une nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2011.

Durant le tournage d'«Ennemi» à Toronto, le cinéaste et l'acteur ont développé un lien si profond qu'ils se sont retrouvés presque immédiatement après pour «Prisoners» («Prisonniers»), le premier film américain à gros budget du Québécois sorti l'automne dernier.

En entrevue lors de la présentation du thriller portant sur la disparition de deux fillettes au Festival du film de Toronto en septembre, les deux acolytes étaient d'humeur badine, s'éloignant souvent du sujet alors que Jake Gyllenhaal se moquait de l'accent de Denis Villeneuve et que ce dernier feignait d'être exaspéré par ces remarques.

De nouveau réunis pour faire la promotion d'«Ennemi» à Toronto, le cinéaste a affirmé avoir été impressionné par l'enthousiasme de l'acteur à l'égard de son film et avoué qu'il avait déjà hâte de retravailler avec lui.

«Je crois que tous les artistes ont besoin de prendre des risques pour évoluer, et ce, dans toutes les disciplines», a affirmé le réalisateur, notant au passage que «Ennemi» était une adaptation libre du roman «L'autre comme moi» de Jose Saramago.

«Honnêtement, 'Ennemi' était un projet très risqué et je ne remercierai jamais assez Jake d'avoir accepté de se lancer dans cette bizarre aventure.»

Il est vrai que le long métrage repose en grande partie sur les épaules de Jake Gyllenhaal, qui interprète à la fois Adam, un professeur d'université, et Anthony, un acteur à la petite semaine dont Adam découvre l'existence en regardant un film. L'enseignant éprouve immédiatement le besoin de retrouver ce double et est fasciné de réaliser que ce dernier a une personnalité complètement différente du sien.

Mélanie Laurent joue la copine d'Adam alors que Sarah Gardon incarne la femme d'Anthony, qui attend leur premier enfant. Isabella Rossellini, qui est aussi de la distribution, a encensé l'oeuvre lors du Festival de Toronto, particulièrement la vision cauchemardesque qu'elle offre de la Ville Reine.

Denis Villeneuve a admis avoir voulu faire de la métropole canadienne un personnage à part entière du film et a donc pris la chance de jouer avec son paysage urbain.

Cette approche unique a permis à «Ennemi» de remporter cinq trophées aux prix Écrans canadiens, dont celui de meilleur réalisateur.

«Ennemi» prend l'affiche vendredi.