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11/03/2014 12:50 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Fraude fiscale/foot : un témoin accable Hoeness, la fraude dépasserait 27 millions

Le patron du Bayern Munich, Uli Hoeness, doit au fisc plus de 27 millions d'euros, et non 3,5 millions comme estimé initialement, a annoncé la justice allemande mardi, au deuxième jour du procès de cette vedette du football allemand.

Après avoir admis lundi, au premier jour de son procès à Munich, que le montant de sa fraude fiscale était sans doute cinq fois plus important que celui soupçonné par la justice, Uli Hoeness a vu mardi un témoin clé remettre en cause la sincérité et l'honnêteté de son "auto-dénonciation".

Une enquêtrice de l'administration fiscale de Rosenheim (Bavière, sud de l'Allemagne), identifiée comme Gabriele H., a révélé au tribunal que Hoeness avait "omis" de verser 27,2 millions d'euros au fisc depuis 2003. Et encore ce chiffre est-il le fruit du calcul le plus favorable à l'accusé, a-t-elle assuré.

Elle a également indiqué que certains documents transmis par la défense deux semaines avant le procès dataient en fait de plus d'un an.

Selon le spécialiste informatique de l'administration fiscale bavaroise, cité par Mme H., "les documents PDF (format de fichier informatique) d'origine ont été créés dès le 18 janvier 2013", soit le lendemain du jour où Uli Hoeness s'était présenté dans ses bureaux pour déclarer, avec retard, des gains réalisés entre 2003 et 2009 à partir d'un compte en Suisse tenu secret.

M. Hoeness ou ses conseils n'ont transmis aucun document supplémentaire avant le 27 février 2014, malgré des demandes répétées des services fiscaux en ce sens.

Le 5 mars, soit cinq jours avant le début du procès, une nouvelle série d'éléments avaient été fournis par la défense.

Ce témoignage est un nouveau coup dur pour le président du club de football le plus titré d'Allemagne, qui doit convaincre le tribunal de la validité de son "auto-dénonciation", s'il veut éviter une peine de prison.

Le parquet de Munich est persuadé, quant à lui, qu'il a agi par peur d'être dénoncé par la presse allemande, qui était sur sa piste.

Dès le premier jour du procès, lundi, le défense avait reconnu que la dette fiscale d'Uli Hoeness était d'au moins 18,5 millions d'euros, alors que l'acte de renvoi ne mentionnait que 3,5 millions d'euros d'impôts non acquittés. L'enquêtrice fiscale a ensuite assuré que le montant était en fait de 23,7 millions d'euros, auxquels s'ajoutent les 3,5 millions d'euros déjà mentionnés.

"J'ai fraudé le fisc (...) Je regrette profondément mon comportement délictueux", avait admis Uli Hoeness lundi, pour tenter d'amadouer les magistrats, ajoutant vouloir entièrement tirer au clair "ce chapitre affligeant" de sa vie.

Si le tribunal ne le croit pas, Hoeness risque 10 ans de détention. Les tribunaux allemands prononcent habituellement des peines de prison ferme pour les fraudes dépassant le million d'euros, et le juge, qui préside le procès, est connu pour se montrer impitoyable.

Le procès est censé s'achever jeudi et si une prolongation était apparue dans un premier temps inévitable, un porte-parole du Parquet a jugé que le verdict pourrait en fait bien tomber jeudi car la défense n'a pas contesté les révélations sur le dernier montant de la fraude.

Mercredi, l'expert-comptable de M. Hoeness a ainsi déjà été invité à témoigner et d'autres pourraient suivre, dont l'expert informatique des services fiscaux de Rosenheim, qui a estimé que les documents fournis dataient d'il y a plus d'un an.

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