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11/03/2014 09:17 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Fraude fiscale: un témoin accable Hoeness, le procès popurrait être prolongé

Le procès pour fraude fiscale contre le patron du Bayern Munich, Uli Hoeness, pourrait être prolongé, a indiqué le tribunal de Munich mardi, après le témoignage d'une enquêtrice du fisc qui a mis à mal la bonne foi du prévenu.

Après avoir admis lundi, au premier jour de son procès, que le montant de sa fraude fiscale était sans doute 5 fois plus important que suspecté par la justice, Uli Hoeness a vu mardi un témoin clé remettre en cause la sincérité et l'honnêteté de son auto-dénonciation.

Une enquêtrice de l'administration fiscale de Rosenheim (Bavière, sud de l'Allemagne), identifiée comme Gabriele H., a révélé au tribunal que certains documents transmis par la défense deux semaines avant le procès dataient en fait de plus d'un an.

Selon le spécialiste informatique de l'administration fiscale bavaroise, cité par Mme H., "les documents PDF (format de fichier informatique) d'origine ont été créés dès le 18 janvier 2013", soit le lendemain du jour où Uli Hoeness s'était présenté dans ses bureaux pour déclarer, avec retard, des gains réalisés entre 2003 et 2009 à partir d'un compte en Suisse tenu secret.

M. Hoeness ou ses conseils n'ont transmis aucun document supplémentaire avant le 27 février 2014, malgré des demandes répétées des services fiscaux en ce sens.

Le 5 mars, soit 5 jours avant le début du procès, une nouvelle série d'éléments avaient été fournis par la défense.

Ce témoignage est un nouveau coup dur pour le président du club le plus titré d'Allemagne, qui doit convaincre le tribunal de la validité de son auto-dénonciation, s'il veut éviter une peine de prison.

Le parquet de Munich est persuadé, lui, qu'il a agi par peur d'être dénoncé par la presse allemande, qui était sur sa piste.

Dès le premier jour du procès, lundi, le défense avait reconnu que la dette fiscale de Uli Hoeness était d'au moins 18,5 millions d'euros, alors que l'acte de renvoi ne mentionnait que 3,5 M EUR d'impôts non-payés.

"J'ai fait de l'évasion fiscale (...) Je regrette profondément mon comportement délictueux", avait admis Uli Hoeness lundi, pour essayer d'amadouer les magistrats, ajoutant vouloir entièrement tirer au clair "ce chapitre affligeant" de sa vie.

Si le tribunal ne le croit pas, Hoeness risque 10 ans de détention. Les tribunaux allemands prononcent habituellement des peines de prison ferme pour les fraudes dépassant le million d'euros, et le juge qui préside le procès est connu pour se montrer impitoyable.

Le procès est censé se terminer jeudi, mais "il n'est plus vraisemblable qu'il en soit ainsi", a admis Mme Titz, face à la presse.

Une prolongation paraît même inévitable, dans la mesure où le tribunal devait poursuivre mardi après-midi l'audition de Gabriele H., avant d'entendre des témoins qui n'étaient pas prévus initialement.

Mercredi, l'expert-comptable de M. Hoeness a ainsi déjà été invité à témoigner et d'autres pourraient suivre, a laissé entendre Mme Titz, dont l'expert informatique des services fiscaux de Rosenheim, qui a daté les documents fournis à il y a plus d'un an.

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