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11/03/2014 05:01 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Des infirmières se plaignent de donner des soins dangereux et inhumains

Bébés examinés par téléphone, pas assez de temps pour donner un calmant contre la douleur ou évaluer les signes vitaux... Une cinquantaine d'infirmières de l'hôpital Charles-Lemoyne et du CLSC Saint-Hubert sont descendues dans la rue pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et les conséquences sur les patients à la suite de compressions budgétaires.

Un reportage de Thomas Gerbet

« Laissez nous soigner, arrêtez de couper », crie une infirmière dans son mégaphone. Un préposé à l'entretien ménager est descendu de son corridor pour appuyer ses collègues. Dans la rue, une ambulance passe et klaxonne en guise de soutien. 

« On est obligées d'aller à l'essentiel » se plaint Gabrielle, infirmière en soins palliatifs. « On a moins de temps pour retourner les patients régulièrement dans leur lit (pour éviter les plaies), moins de temps pour les faire marcher (pour qu'ils gardent leur force physique) ». Quand une collègue malade n'est pas remplacée, la situation s'aggrave : « Si on doit prendre leurs signes vitaux quatre fois par jour, bah des fois le soir on a pas le temps, on le prend juste une fois ».

Examens par téléphone

Le manque de temps agace également Annie Pinard, infirmière assistante en périnatalité au CLSC de Saint-Hubert. Il y a plus de naissances qu'avant, mais toujours autant d'infirmières. Résultat : des examens de mamans et de bébés se font par téléphone : « On devrait visiter toutes les mamans quelques jours après leur sortie de l'hôpital, mais on n'est plus capable de le faire avec les mères d'un deuxième ou troisième enfant ».

La qualité des soins est au rendez-vous, répond l'hôpital

« Je peux vous assurer que la qualité des soins au CSSS ne s'est aucunement détériorée », affirme Line Marquis, directrice de la chirurgie et de la cancéroligie au CSSS Champlain-Charles-Le Moyne. Les infirmières mentent-elles ? « Je ne vous dis pas que ce que disent les infirmières est faux, je vous dis ce que nous on constate avec les questionnaires de satisfaction de la clientèle. »

La direction du CSSS assure qu'il n'y a pas eu de réduction de postes d'infirmières, mais plutôt une réorganisation depuis l'automne pour éliminer des « surplus », soit des personnes qui étaient sur appel, à temps partiel. Aujourd'hui, le personnel absent pour maladie n'est pas automatiquement remplacé. « On a standardisé les structures et les structures répondent aux besoins cliniques des unités de soins », tient à préciser Line Marquis.

Line Marquis tient à préciser que les compressions budgétaires ont entraîné la suppression d'une trentaine de postes d'administrateurs. Elle rappelle par ailleurs que les infirmières sont actuellement en pleine négociation de leur convention collective.