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11/03/2014 07:28 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Chili : Bachelet officiellement de retour à la tête du pays

Quatre ans après son départ du palais de la Moneda, siège de la présidente chilienne, la socialiste Michelle Bachelet est de retour au pouvoir. Elle a formellement retrouvé le poste de présidente mardi après son assermentation par la chef du Sénat, Isabel Allende.

Il s'agissait d'une cérémonie forte en symbole pour ce pays encore marqué par Pinochet. Le père d'Isabel Allende est le président qui fut renversé en 1973 par l'ex-dictateur, et celui de Bachelet a été torturé et assassiné sous ses ordres.

Les chefs d'État de la région, outre le Vénézuélien Nicolas Madura, qui a annulé à la dernière minute, étaient présents pour l'assermentation, tout comme le vice-président américain, Joe Biden.

Réformes

Celle qui avait quitté la présidence il y a quatre ans avec un taux de popularité record sans pouvoir légalement briguer un second mandat consécutif a déclaré vouloir appliquer 50 réformes lors de ses 100 premiers jours au pouvoir afin de lutter contre les inégalités sociales dans ce pays très conservateur.

Elle souhaite entre autres rendre légal l'avortement en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère ou de l'enfant à naître.

Un autre dossier chaud sera celui de l'éducation. Les besoins criants - des dizaines de milliers d'étudiants n'ont pas accès à un enseignement gratuit de qualité - et la force politique des leaders étudiants mettent de la pression sur la présidente.

Fort du soutien obtenu par les manifestations massives de 2011, le mouvement étudiant a déjà exprimé ses craintes face au retour de Bachelet. Avant même d'entrer en fonction, la vice-ministre de l'Éducation a démissionné, et le ministre doit essuyer de nombreuses critiques.

Un autre des dossiers sur lesquels la présidente chilienne planchera est un projet de nouvelle constitution qui remplacerait celle signée de la main de Pinochet, qui est toujours en place.

Le tout devra se faire dans un contexte économique qui n'est ni dramatique ni idéal. Le ralentissement économique mondial a touché l'économie chilienne, le peso est faible et le cuivre, dont le Chili est premier producteur mondial, a vu sa valeur chuter.

Escale à l'ONU

À la fin de son premier mandat, en 2010, cette pédiatre de formation et ancienne ministre de la Défense et de la Santé avait fait le saut à l'ONU pour y diriger l'ONU-Femmes.

Elle a quitté ce poste en 2013, annonçant du coup son retour au Chili et son intention de briguer un deuxième mandat présidentielle.

De son côté, celui qui a pris le relais de 2010 à 2014, Sebastian Pinera, a dit quitter « la tête haute » son poste de président sous les applaudissements des membres du Congrès.

Malgré un bilan contrasté, Pinera ne cache pas son intention d'imiter celle qui le remplace aujourd'hui et de revenir au pouvoir dans quatre ans.