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11/03/2014 06:26 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Charles Hamelin, Marianne St-Gelais et cie patineront devant une salle comble

MONTRÉAL - Malgré les médailles glanées, les Jeux olympiques de Sotchi auront surtout été ceux des occasions manquées pour les patineurs et patineuses de l'équipe canadienne sur courte piste. Mais le public ne leur en tient visiblement pas rigueur puisqu'il remplira les gradins de l'aréna Maurice-Richard à pleine capacité, ce week-end, à l'occasion des Championnats du monde.

L'événement de trois jours, qui commence vendredi, affiche déjà complet: plus de 13 500 billets ont été vendus. C'est la première fois qu'un événement de patinage de vitesse, en dehors du cadre des JO, fait salle comble avant même que la compétition ne commence, a fait savoir la fédération canadienne en conférence de presse, mardi.

«C'est fou, a commenté Marianne St-Gelais, qui prendra part aux épreuves individuelles féminines, tout comme Valérie Maltais et Marie-Ève Drolet. J'ai de la misère à croire que ça va être plein. Ça va être tellement plaisant d'avoir cette énergie-là, surtout dans un endroit aussi petit, où quand ça crie, ça crie fort. Ce sera impossible d'oublier (que les gens) sont là.»

«Patiner devant ta foule, c'est le plus beau moment que tu peux vivre dans une carrière», a souligné Charles Hamelin, qui disputera les épreuves individuelles chez les hommes, à l'instar de Charle Cournoyer et Olivier Jean.

L'appui de la foule ne sera pas de trop puisque le niveau de compétition sera relevé, ce qui n'est pas toujours le cas à des Mondiaux qui suivent des JO de près. Onze des 13 médaillés individuels des Jeux de Sotchi seront présents, y compris la grande vedette de la récente quinzaine olympique, le Russe Victor An. Toutes les équipes de relais qui ont accédé au podium en Russie y seront aussi.

Et tout ce beau monde aura l'occasion de s'exprimer à son plein potentiel puisque la qualité de la glace sera meilleure qu'à Sotchi.

«Aux Jeux, on partageait la glace avec le patinage artistique, qui a besoin d'une glace plus molle alors que nous, on aime mieux une glace plus dure, a expliqué Yves Hamelin, directeur du programme canadien de courte piste. La glace changeait donc continuellement et ça devenait difficile pour les athlètes de prédire les conditions avec lesquelles ils auraient à composer.

«Ici, la glace va être préparée pour le courte piste, ce qui change complètement la donne.»

Des équipes nationales, comme celles de la Russie, sont ici depuis deux semaines et ont eu le temps de s'acclimater à la glace de l'aréna Maurice-Richard. Mais personne ne connaîtra la surface aussi intimement que les patineurs canadiens, puisque ceux-ci s'y entraînent à l'année longue, a affirmé Yves Hamelin.

«Nos athlètes connaissant la glace par coeur, ils savent quelles sensations ils auront à toutes les vitesses et comment la glace va réagir», a-t-il noté.

Charles Hamelin compte bien profiter de ces Mondiaux devant les siens pour corriger le tir à deux chapitres. Premièrement, il veut montrer que ses deux chutes à Sotchi sont des anomalies. Il veut par ailleurs aller chercher un titre mondial qui continue de lui échapper, celui du combiné.

«Je veux prouver que les Jeux olympiques, ça s'est résumé à de petites malchances, que ce n'était pas parce que je n'étais pas à la hauteur», a dit celui qui a remporté l'or au 1500 m à Sotchi, mais en visait une deuxième, notamment au 500 m.

Le Québécois de 29 ans, qui a récemment fait savoir qu'il continuera de patiner jusqu'aux JO de 2018, reconnaît qu'un titre mondial n'a pas le cachet d'une médaille d'or olympique. Mais ça ne l'empêchera pas de viser un championnat mondial prestigieux en fin de semaine: celui qui reviendra à l'athlète ayant cumulé le plus grand nombre de points sur l'ensemble des courses. Ce titre lui échappe encore après qu'il eut terminé deuxième au classement général lors des Mondiaux de 2007 et 2011.

Et c'est là un titre qui n'a pas d'égal aux Jeux olympiques, souligne Yves Hamelin.

«C'est quelque chose qui est important et ça fait longtemps qu'on n'a pas eu ça au Canada», a souligné Charles Hamelin, qui a quatre médailles olympiques en carrière, dont deux d'or en épreuves individuelles.

Cournoyer, de son côté, aura des objectifs modestes malgré sa médaille de bronze surprise acquise au 500 m à Sotchi.

«Ce sera la première fois que je vais disputer des courses en invidividuel à des Championnats du monde et ce sera la première fois que je vais patiner devant une foule qui va être derrière moi. Et ça va aussi être la première fois qu'il va y avoir certaines attentes à mon endroit, a noté le patineur de 22 ans. Il va y avoir de la pression de plus.

«Mais je vais y aller comme je l'ai toujours fait — en y allant étape par étape, sans nécessairement penser au résultat.»