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11/03/2014 11:14 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Algérie: 16 collégiens blessés lors de nouveaux heurts à Ghardaïa

Seize collégiens ont été blessés mardi lors de nouveaux heurts inter-communautaires à Ghardaïa, à 600 km au sud d'Alger, a indiqué à l'AFP Ahmed Baba Aissa, porte-parole du comité de coordination de cette ville secouée par des incidents depuis décembre dernier.

"Ce matin, un groupe de collégiens châambas (arabes) sont sortis de leur établissement scolaire et sont allés devant un collège à majorité mozabite (berbère) où ils ont caillassé les élèves mozabites à leur sortie", a déclaré M. Baba Aissa qui siège dans ce comité créé en décembre pour tenter de calmer la situation.

"Il s'en est suivi un échange à coups de pierres. Puis les forces de sécurité (policiers et gendarmes) sont intervenues pour rétablir le calme", a-t-il ajouté en précisant que "12 jeunes mozabites et quatre Chaâmbas avaient été blessés".

"Lundi, un bus transportant des mozabites avait été caillassé. Une femme mozabite dans le bus a été blessée à la tête", ce qui a accru la tension entre les deux communautés, selon la même source.

De décembre à février, la région de Ghardaïa a été le théâtre de heurts entre ces deux communautés qui ont fait au moins quatre morts parmi les Mozabites et plus de 200 blessés.

"Il nous est toujours impossible d'accéder à certains quartiers, nous (les mozabites) subissons des provocations et sommes insultés quand nous passons dans les quartiers mixtes", a jouté M. Baba Aissa.

Il a cité l'exemple du quartier "Hadj Messaoud" dans lequel habitaient 200 familles mozabites qui ont dû quitter leurs maisons en janvier durant les heurts et ne peuvent toujours pas y retourner.

"Ils ont demandé l'aide des autorités locales pour assurer une protection afin qu'ils puissent retourner chez eux, mais ils n'ont eu aucune réponse et à +Hadj Messaoud (quartier majoritairement arabe de plus de 1.000 habitations)+, les Chaâmbas leur disent: +oubliez que vous avez des maisons+", explique M. Baba Aissa.

Dimanche, le patron de la police, le général Abdelghani Hamel, avait annoncé que trois policiers avaient été radiés pour violences contre des personnes interpellées lors des heurts en janvier.

Ils avaient déjà été suspendus à la suite de la diffusion "d'une vidéo montrant le laxisme de certains agents de la sécurité à Ghardaïa", selon un communiqué de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Depuis un mois, un calme précaire s'était instauré à Ghardaïa, ville située aux portes du Sahara algérien.

amb/feb