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10/03/2014 01:20 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Turquie: libération de 13 personnes condamnées en 2013 pour complot

Un tribunal d'Istanbul a ordonné lundi la libération de 13 personnes lourdement condamnées pour une tentative de coup d'Etat, après la libération de l'ex-chef de l'armée turque également impliqué, ont rapporté les médias locaux.

Parmi ces personnalités figurent des journalistes, des avocats, des officiers à la retraite et un membre des services de renseignement, tous libérés en vertu d'une récente loi qui limite la durée maximale de la détention provisoire.

Ils avaient été condamnés en 2013 à de lourdes peines de prison pour leur appartenance à un réseau baptisé "Ergenekon", reconnu coupable d'avoir voulu renverser l'actuel gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

"Nous sommes ici pour mettre un terme à une période marquée par la rancune et la tyrannie", s'est réjoui à sa sortie de prison le journaliste Tuncay Özkan, qui avait été condamné à la réclusion à perpétuité.

Vendredi, la justice turque avait ouvert la voie à cette vague de remises en liberté en autorisant à sortir de prison l'ancien chef d'état major de l'armée turque, le général Ilker Basbug, 71 ans.

Les 275 personnes jugées dans ce dossier ont toujours démenti toute tentative de coup d'Etat, faisant valoir que les preuves utilisées par le tribunal avaient été manipulées.

M. Erdogan, qui avait jusque-là multiplié les purges et les procès contre l'armée considérée comme hostile à son régime, a opéré un retournement spectaculaire en se déclarant en décembre prêt à de nouveaux procès, deux semaines après le début d'un scandale de corruption sans précédent visant des dizaines de ses proches.

En réaction à ces accusations, le Premier ministre a engagé de vastes purges dans la police et la justice, accusées d'abriter le coeur d'un complot politique ourdi contre lui par ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen.

Plusieurs des procureurs à l'origine des enquêtes qui menacent le gouvernement ont également instruits les dossiers des militaires condamnés.

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