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10/03/2014 09:35 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Toujours pas de vainqueur lors de l'élection présidentielle au El Salvador

SAN SALVADOR, El Salvador - Les deux candidats à la présidentielle salvadorienne affirment l'avoir emporté, même si les responsables électoraux préviennent que le résultat est trop serré pour pouvoir annoncer un vainqueur.

Le candidat de l'Alliance républicaine nationaliste (ARENA), une formation conservatrice, Norman Quijano, a déclaré que son parti est sur un «pied de guerre» et a promis de lutter «jusqu'à la mort, si nécessaire» pour défendre ce qu'il prétend être sa victoire.

Des résultats préliminaires provenant de pratiquement tous les bureaux de scrutin démontrent toutefois que le candidat du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) au pouvoir, Salvador Sanchez Ceren, détient une avance de quelques milliers de voix. Son avantage d'un peu moins de 7000 votes représente seulement 0,2 pour cent des 3 millions de bulletins déposés.

M. Sanchez Ceren a lui aussi clamé victoire.

«Les hommes et les femmes d'El Salvador sont ceux qui décident, et si vous n'acceptez pas le résultat, alors vous allez à l'encontre de la volonté du peuple, a-t-il dit. Je dis à mon adversaire, à son parti, que mon administration les accueillera à bras ouverts pour reconstuire le pays.»

Un résultat aussi serré demeure néanmoins étonnant, puisque les derniers sondages accordaient à M. Sanchez Ceren — l'ancien maire de San Salvador — une avance de 10 à 18 points sur M. Quijano.

Le président du Tribunal électoral suprême d'El Salvador, Eugenio Chicas, a déclaré que la course est trop serrée pour qu'un candidat puisse prétendre l'avoir emporté.

«Ce tribunal interdit aux deux partis de se proclamer vainqueur, à la lumière de résultats si serrés que seul le décompte final en décidera», a lancé M Chicas, avant d'ajouter que la «marge est si mince que nous appelons à la prudence».

Le dépouillement final doit avoir lieu lundi.

M. Quijano a évoqué une fraude électorale et demandé à l'armée d'intervenir, un appel qui fait frémir dans un pays où 76 000 personnes ont perdu la vie lors d'une guerre civile entre l'armée et des rebelles de gauche.

«Nous n'allons pas tolérer une fraude comme celle du Venezuela, à la manière de Chavez et Maduro, a prévenu M. Quijano. Nous avons notre propre dépouillement qui témoigne de notre victoire.»

M. Quijano a ensuite dénoncé le tribunal électoral, affirmant qu'il s'est «vendu à la dictature» et que «les forces armées sont prêtes à faire la démocratie».

Les leaders militaires du pays n'ont pas commenté.

M. Sanchez Ceren a promis de poursuivre les programmes sociaux très populaires du gouvernement sortant et de gouverner de manière modérée. M. Quijano a quant à lui promis de lutter contre les gangs de rue et mis en garde contre un retour du communisme.