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10/03/2014 11:59 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

RDC : préparatifs en vue d'une offensive contre les rebelles rwandais (ONU)

L'armée congolaise et les Casques bleus se préparent en vue d'une offensive qui devrait être lancée "très bientôt" contre les rebelles hutu rwandais présent dans l'est de la République démocratique du Congo, ont indiqué lundi les Nations unies.

"Nous aménageons notre dispositif" et "nous ajustons nos effectifs sur le terrain" en vue de traquer les rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les autres groupes armés, a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC.

"Nous sommes [...] dans le cadre de préparatifs", des opérations conjointes aux FARDC (Forces armées de la RDC) et à la Monusco doivent être lancées "très bientôt", mais elles "n'ont pas encore commencé", a-t-il ajouté.

Les FDLR, qui compteraient 1.500 à 2.000 combattants environ selon les estimations, sont disséminées dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

"Nous continuons à mettre la pression afin de les forcer à déposer les armes", a indiqué le colonel Basse, précisant que l'option privilégiée par la Monusco était de voir les FDLR et les autres groupes rebelles se "désarmer et intégrer le processus de démobilisation".

En cas contraire, "nous restons déterminés" à les neutraliser, au besoin par la force, conformément à la mission qui a été confiée à la Monusco, a-t-il dit.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des miliciens FDLR ont battu en retraite devant la progression d'un régiment FARDC dans la région de Luofu, selon les autorités coutumières locales de cette localité.

Sise à 120 km environ au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, Luofu a été le théâtre de plusieurs ncursions meurtrières des FDLR ces dernières années, et tout particulièrement ces derniers mois.

Dans la zone de Tongo (60 km au nord de Goma), un témoin a indiqué avoir vu dimanche les FARDC démanteler un petit camp de FDLR qui avaient pris la fuite devant la progression commune de troupes de l'armée et de la Monusco.

Après la défaite début novembre des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) dans l'Est du pays, Kinshasa et la Monusco avaient annoncé que les FDLR étaient la prochaine cible.

Mais le lancement d'une offensive des FARDC à la mi-janvier contre les rebelles ougandais de l'Alliance des Forces démocratiques - Armée de libération nationale de l'Ouganda (ADF-Nalu) a retardé le début de la traque conjointe de l'armée et de l'ONU contre les FDLR. Le gouvernement congolais a indiqué ces jours-ci que les forces loyalistes avaient atteint l'essentiel de leurs objectifs contre les rebelles ougandais.

Les FDLR sont issues de Hutu rwandais réfugiés au Congo après le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda et sont accusées de compter encore dans leurs rangs des génocidaires.

Accusées d'atrocités à grande échelle contre des civils,le mouvement est d'abord une menace pour la population locale congolaise. Le président rwandais Paul Kagame continue néanmoins de le considérer comme un danger existentiel.

L'est de la RDC est déchiré par les conflits depuis vingt ans. Les milices y prospèrent, trouvant dans le contrôle de l'exploitation de ressources minières ou forestières une source importante de revenus.

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