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10/03/2014 06:30 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Mauritanie: le gouvernement dément avoir fermé des centres caritatifs

Aucune organisation non gouvernementale caritative en Mauritanie n'a été fermée sur ordre du gouvernement, selon le ministère de l'Intérieur, qui a précisé avoir dissous une association islamique accusée d'activités "illégales".

Des centres agissant dans les domaines de la santé et de l'enseignement, présentés comme étant d'intérêt caritatifs, avaient été empêchés les 7 et 8 mars de travailler, selon une source sécuritaire. Ils ont ensuite été autorisés à reprendre leurs activités, a indiqué lundi à l'AFP une source proche du dossier, sans plus de détails dans l'immédiat.

"Aucune association de bienfaisance n'a été dissoute mais elles (toutes les associations de ce type) ont été engagées à travailler sous la tutelle des secteurs en charge de leurs domaines d'activités comme cela est d'usage", a indiqué l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle) dimanche soir, citant des sources au ministère.

Le ministère a cependant confirmé "la dissolution de l'Association Al-Moustakbal pour la culture et l'enseignement" dont l'appellation ne porte pas le mot "prêche", souligne l'AMI, en dénonçant "l'amalgame" fait autour de cette question.

Cette dissolution a été confirmée par la source proche du dossier, selon laquelle la mesure est assortie d'une saisie des biens de l'association au profit du Trésor public.

Des observateurs avaient fait un lien entre la fermeture de l'association Al-Moustakbal et les manifestations ayant éclaté à travers le pays après une profanation présumée du Coran dans une mosquée de Nouakchott. Ces manifestations ont été marquées par des violences qui ont fait un mort et plusieurs blessés dans la capitale.

L'AMI rapporte par ailleurs que l'association Al-Moustakbal n'a "aucune relation légale avec l'érudit Mohamed El-Hacen Ould Dedaw", qui est présenté par certains milieux comme étant son propriétaire, mais dont le nom "ne figure nullement dans la liste des signataires du procès-verbal" à l'origine de son autorisation par le ministère.

M. Ould Dedaw, actuellement au Koweït pour un cycle de conférences religieuses, a estimé dimanche dans un entretien avec la presse koweïtienne que la fermeture de l'association ferait suite à un "faux renseignement" et qu'il allait entrer en contact avec les autorités pour "voir dans quelles mesures elles pourraient revenir sur leur décision".

hos/cs/aub