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10/03/2014 11:33 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Malaisie: les hypothèses abondent pour expliquer la disparition de l'avion

NEW YORK, États-Unis - Les moments les plus dangereux d'un vol sont le décollage et l'atterrissage. Très peu d'accidents se produisent lorsque les avions circulent à 10 kilomètres au-dessus du sol.

Ainsi, la disparition d'un appareil de Malaysia Airlines alors que celui-ci était en vol depuis un long moment, samedi matin, au-dessus de la mer de Chine méridionale, a poussé les experts en aviation à assumer que ce qui s'est produit est survenu rapidement et n'a laissé aux pilotes aucun instant de répit pour lancer un appel de détresse.

Les enquêteurs pourraient devoir travailler pendant des mois, voire des années, pour déterminer ce qui est arrivé au Boeing 777 parti de Kuala Lumpur pour se rendre à Pékin.

«À cette étape, nous nous concentrons sur ce que nous ne savons pas», a déclaré Todd Curtis, un ancien ingénieur en sécurité aérienne chez Boeing qui a travaillé sur des 777 et est désormais directeur de la Fondation Airsafe.com

S'il y avait eu un problème mécanique mineur — ou même quelque chose de plus sérieux, comme l'arrêt de l'un ou des deux moteurs de l'avion — les pilotes auraient sans doute eu le temps d'envoyer un signal d'urgence par radio. L'absence d'un tel appel «porte à croire que quelque chose de très soudain et de très violent s'est produit», avance William Waldock, qui enseigne les méthodes d'enquête pour les accidents aériens dans une université de l'Arizona.

Pour l'instant, il semblerait que l'avion ait soit explosé soudainement, ou que quelque chose ait provoqué un plongeon rapide et accentué. Certains experts vont même jusqu'à suggérer la possibilité d'un attentat terroriste, ou d'un suicide par l'un des pilotes.

«Soit vous avez un événement catastrophique qui a fait exploser l'appareil, ou vous avez un acte criminel», mentionne Scott Hamilton, responsable d'une firme de consultants en aviation, avant de rappeler que l'événement avait été si rapide qu'aucun appel radio n'avait été lancé.

Peu importe le côté hypothétique d'un scénario, il est encore trop tôt pour éliminer des possibilités, soutiennent les spécialistes. Les meilleurs indices découleront de la récupération des boîtes noires, ainsi que de l'examen de l'épave.

Seulement 9 pour cent des accidents mortels en avion se produisent lorsqu'un appareil a atteint sa vitesse de croisière, selon un examen statistique des vols commerciaux effectué par Boeing.

L'un des premiers indicateurs de l'origine de la catastrophe sera la taille du champ de débris. Si celui-ci est vaste et s'étend sur des dizaines de kilomètres, alors l'avion aura vraisemblablement explosé à haute altitude. Cela pourrait laisser présager d'une bombe ou d'un très grave problème structurel de la carlingue. Si le champ de débris est plus petit, l'appareil a probablement chuté pour exploser au contact de l'océan.

Le Boeing 777 possède l'un des meilleurs historiques en matière de sécurité dans le domaine de l'aviation. Ce modèle a transporté ses premiers passagers en juin 1995 et 18 années se sont écoulées sans que se produise un accident mortel. Cette période a pris fin avec l'écrasement d'Asiana Airlines à San Francisco, en juillet 2013, qui a fait trois morts. La disparition de l'avion de Malaysia Airlines, samedi, avec ses 239 personnes à bord, ne serait que le deuxième accident mortel pour ce modèle d'avion de ligne.

Parmi les différentes hypothèses avancées pour expliquer la disparition de l'appareil, on retrouve la possibilité d'un accident catastrophique de la carlingue ou des moteurs, à la suite d'un phénomène de corrosion, par exemple.

De mauvaises conditions météorologiques pourraient aussi jouer un rôle, comme l'a rappelé l'écrasement d'un Airbus A330 en partance de Rio de Janeiro, en juin 2009. Dans le cas de la Malaisie, toutefois, tout indiquait que le ciel était d'un bleu radieux.

Les pilotes auraient également pu être victimes de désorientation, coupant le pilote automatique et prenant une mauvaise direction pour ne s'en rendre compte que lorsqu'il était trop tard. L'appareil aurait ainsi pu voler pendant encore cinq ou six heures après son dernier point de contact, plaçant l'avion à jusqu'à 5000 kilomètres de l'endroit prévu. Improbable, puisqu'un radar l'aurait repéré quelque part, mais il est encore trop tôt pour éliminer cette possibilité.

Quant à un dysfonctionnement soudain des deux moteurs, l'altitude à laquelle volait l'avion aurait donné suffisamment de temps aux pilotes pour envoyer un signal d'alerte.

Restent les possibilités d'un engin explosif placé à bord de l'avion, d'un détournement, ou encore d'un acte désespéré de la part de l'un des pilotes.

Il serait également possible que l'avion ait été abattu par erreur par la défense aérienne d'un pays tiers, ou par des avions de guerre, comme cela s'est déjà produit en 1983 et en 1988, notamment.