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10/03/2014 01:47 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Les accusations irakiennes de "terrorisme" contre l'Arabie sont "irresponsables"

Les déclarations du Premier ministre irakien selon lesquelles l'Arabie saoudite soutient "le terrorisme dans le monde" sont "irresponsables", a fustigé lundi un responsable saoudien cité par l'agence officielle SPA.

"Le royaume condamne les déclarations agressives et irresponsables du Premier ministre irakien" Nouri al-Maliki, rapporte SPA, citant un responsable saoudien s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Dans un entretien avec la chaîne France 24 diffusé samedi, M. Maliki avait déclaré que l'Arabie saoudite et le Qatar "attaquent l'Irak, via la Syrie, et de manière directe, et ils ont déclaré la guerre à l'Irak".

"Ces deux pays sont les premiers responsables des violences entre communautés, du terrorisme et de la crise de sécurité en Irak", avait-il martelé.

Les violences en Irak, qui partage une longue frontière avec l'Arabie saoudite, sont essentiellement alimentées par le ressentiment de la minorité sunnite face au gouvernement du chiite Malaki, et par le conflit en Syrie voisine.

M. Maliki, qui a également qualifié Ryad de principal soutien du "terrorisme" dans le monde, avait déjà par le passé accusé -- sans les nommer -- des pays de la région de vouloir déstabiliser son pays.

"Au lieu de lancer des accusations au hasard, le Premier ministre irakien devrait prendre des mesures pour mettre fin au chaos et aux violences en Irak", a déclaré le responsable saoudien.

M. Maliki "connaît très bien, mieux que quiconque, la position claire et catégorique du royaume contre le terrorisme, ainsi que ses efforts pour combattre ce phénomène, tant localement que globalement", a-t-il ajouté, accusant le Premier ministre irakien de mener une politique sectaire, dans une allusion à la situation de la communauté sunnite irakienne.

Les violences en Irak ont clairement lieu "avec la bénédiction et le soutien des politiques sectaires de son gouvernement contre des éléments du peuple frère irakien", a-t-il poursuivi.

Il est clair que ces déclarations "ont pour but de blâmer les autres pour les échecs du Premier ministre", a encore dit ce responsable.

Les violences en Irak atteignent depuis plusieurs mois des niveaux comparables à ceux de 2008, quand le pays sortait tout juste d'un sanglant conflit confessionnel après l'invasion américaine de 2003.

Depuis le début 2014, plus de 1.850 personnes ont été tuées, dont plus de 170 en mars, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources médicales et des services de sécurité.

Dimanche encore, un attentat suicide contre un barrage de police à Hilla a fait 50 morts et plus de 150 blessés.

Les échecs de M. Maliki, a poursuivi le responsable saoudien, ont "placé l'Irak sous la coupe d'acteurs régionaux qui ont contribué aux violences sectaires sans précédents dans l'histoire de l'Irak", dans une référence à l'Iran chiite, rival régional de l'Arabie saoudite.

Ils ont également "mis en danger l'unité territoriale et nationale" du pays, a-t-il affirmé.

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