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10/03/2014 08:07 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

L'anarchie règne dans l'est de l'Ukraine, selon Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé lundi l'anarchie qui règne, selon lui, dans l'est de l'Ukraine et l'indifférence des Occidentaux face aux violences dont les Russes seraient victimes dans cette région.

Se disant outré par la situation, Moscou accuse le mouvement paramilitaire d'extrême droite Secteur Droit d'être de mèche avec le nouveau gouvernement en place à Kiev.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, des hommes armés ont ouvert le feu samedi sur des manifestants prorusses, à Kharkiv, et ont fait plusieurs blessés.

Le Kremlin proteste également contre l'arrestation de sept journalistes russes à Dniepropetrovsk par les autorités ukrainiennes.

Pendant ce temps en Crimée, des soldats russes auraient ouvert le feu au moment de la prise de la base navale de Bakhtchissaraï, selon les dires d'un commandant ukrainien. Ces tirs n'auraient fait aucun blessé.

Le silence de l'Occident

« Le silence honteux de nos partenaires occidentaux, des organisations des droits de l'homme et des médias étrangers est surprenant. Il soulève une question : où sont leur célèbre objectivité et leur engagement envers la démocratie? », dit le gouvernement russe dans un communiqué.

De leur côté, les autorités ukrainiennes estiment que l'incident survenu le 8 mars est mineur et que le seul lien qui existe entre l'organisation Secteur Droit et cet événement est un coup de téléphone anonyme.

Un prétexte pour lancer une invasion

Kiev et ses alliés occidentaux accusent en retour Moscou et les médias russes de déformer les faits et de faire passer les manifestants de Maïdan pour de violents extrémistes.

Selon l'Agence France-Presse, des habitants de l'est de l'Ukraine, où vivent des populations russophones, accusent les militants prorusses de provoquer la discorde afin de fournir à la Russie le prétexte qu'elle attend pour envahir militairement la région.

Un référendum sous l'oeil de l'OSCE?

Après avoir tourné le dos à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Parlement prorusse de Crimée souhaite maintenant obtenir sa caution démocratique pour le déroulement de son référendum sur l'avenir de la province ukrainienne.

Le Parlement prorusse de Crimée, qui s'est prononcé en faveur de l'annexion de la province ukrainienne à la Russie, a ainsi invité, lundi, les observateurs de l'OSCE à assister au déroulement du référendum prévu pour dimanche. Le gouvernement y soumettra la décision du Parlement à la population majoritairement russophone.

Les forces prorusses avaient pourtant empêché une délégation de 40 observateurs militaires de l'OSCE d'entrer en Crimée la semaine dernière. Déployé en Ukraine pour une semaine, la délégation d'observateurs de l'OSCE avait été empêchée d'entrer en Crimée, jeudi. Composée d'observateurs non armés - issue d'une vingtaine de pays, dont le Canada - la délégation avait finalement rebroussé chemin.

Cette mission d'observation s'était rendue en Ukraine à la demande du gouvernement intérimaire, à Kiev.

La Russie, qui est aussi membre de l'OSCE, s'était montrée plutôt tiède à l'idée d'impliquer une mission de l'OSCE dans la crise en Crimée, prétextant qu'elle ne ferait qu'aggraver la situation sur le terrain.

Outre la mission d'observation de l'OSCE, qui s'est avérée persona non grata, les forces prorusses ont arrêté et menacé, à Simféropol, l'envoyé spécial de l'ONU en Crimée Robert Serry. Intimidé, ce dernier a interrompu sa mission.