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10/03/2014 11:23 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Chypre: démission du gouverneur de la Banque centrale (présidence)

Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Chypre, Panicos Demetriades, sous le feu des critiques en raison de sa gestion de la crise financière qui a frappé l'île l'an dernier, a démissionné lundi, a annoncé la présidence.

La démission surprise de M. Demetriades, 55 ans, survient moins de deux ans après qu'il a pris ses fonctions, il doit quitter le poste le 10 avril son contrat prévoyant un mois de préavis, selon le gouvernement.

Le président Nicos Anastasiades "a accepté la démission du gouverneur", qui a été présentée dans une lettre remise au ministre des Finances, Harris Georgiades, au cours d'une réunion à Bruxelles en présence d'un représentant de la Banque centrale européenne, selon le communiqué de la présidence qui ne précise pas les motifs de cette démission.

Selon la radio publique, M. Demetriades a expliqué dans sa lettre avoir démissionné pour des "motifs personnels et familiaux outre des difficultés à travailler avec le Conseil d'administration de la Banque centrale", après avoir refusé pendant des mois de quitter ses fonctions.

Le président "a remercié M. Demetriades de sa contribution dans l'important effort déployé au cours de l'année écoulée pour sauver le pays de la faillite et stabiliser le secteur financier", poursuit le texte.

En septembre dernier, le président Anastasiades (droite) avait critiqué la performance du gouverneur affirmant ne plus lui faire confiance.

Il avait dit qu'il aurait recours à la justice pour limoger M. Demetriades, la Constitution chypriote prévoyant que le gouverneur de la Banque centrale ne peut être écarté que par les tribunaux.

Panicos Demetriades, nommé au poste par le prédécesseur de M. Anastasiades, Demetris Christofias (communiste), avait fait l'objet de critiques pour sa gestion l'an dernier des négociations sur le plan de sauvetage international de 10 milliards de dollars destiné à éviter l'effondrement du système bancaire de l'île.

Ces négociations ont finalement abouti à un accord de Nicosie sur des conditions difficiles portant notamment sur des ponctions sans précédent sur les dépôts bancaires dans le cadre du plan de sauvetage.

Chypre avait fermé ses banques pendant deux semaines durant la crise imposant un strict contrôle des capitaux qui a été allégé depuis.

Le président Anastasiades avait accusé M. Demetriades d'avoir mis du temps à prendre des mesures pour répondre à la crise des banques.

Mais la Banque centrale européenne avait mis en garde contre les pressions politiques sur le gouverneur, qui avait refusé de quitter ses fonctions.

M. Demetriades avait pour sa part défendu son mandat affirmant avoir respecté les conditions du plan de sauvetage requises par les bailleurs de fonds internationaux et que cela avait été salué par l'Eurogroupe et le FMI.

Chypre a passé trois évaluations de la troïka des bailleurs de fonds ouvrant la voie au versement d'une nouvelle tranche d'un prêt international de 10 milliards d'euros obtenu il y a un an par l'île méditerranéenne.

Mais certains membres de la Banque centrale ont critiqué ouvertement M. Demetriades, dont la famille aurait reçu des menaces anonymes.

L'an dernier, Panicos Demetriades avait en outre été interrogé par la police à propos de la validité et des dispositions d'un contrat que la Banque centrale avait signé avec la société de consulting Alvarez & Marsal, basée à Londres.

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